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QUESTION D'ACTU

Double menace

Cette co-infection accroît le risque de dysfonctionnement rénal

Les personnes vivant avec le virus de l’immunodéficience humaine et le virus de l'hépatite B sont plus susceptibles de présenter une insuffisance rénale que celles vivant uniquement avec le VIH.

Cette co-infection accroît le risque de dysfonctionnement rénal Panuwat Dangsungnoen/iStock




L'ESSENTIEL
  • Dans une récente étude, 14,8 % des personnes vivant avec le VIH et l'hépatite B ont développé une insuffisance rénale.
  • Cela correspond à près du double du taux de 7,6 % observé chez les adultes non co-infectés par l'hépatite B.
  • Les facteurs associés à un risque accru d'insuffisance rénale chez les patients co-infectés sont un âge avancé, un faible taux de plaquettes et de CD4 et la résidence dans un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure.

Le VIH et le virus de l'hépatite B, une double menace pour les reins ? C’est ce que suggère une étude publiée dans la revue AIDS Research and Therapy. Dans le cadre de celle-ci, une équipe internationale de chercheurs ont examiné l’insuffisance rénale chez les adultes vivant avec le virus de l’immunodéficience humaine, en comparant ceux avec et sans co-infection par le virus de l’hépatite B. "Nous avons également identifié les facteurs prédictifs d’insuffisance rénale chez les patients présentant la co-infection."

VIH et hépatite B : 14,8 % des patients co-infectées souffrent d’insuffisance rénale

Pour les besoins des travaux, les scientifiques ont utilisé les données de 23.415 personnes, âgées de 37 en moyenne, inscrites dans une cohorte asiatique menée dans sept pays et territoires entre 2010 et 2021. Parmi les participants, 79,3 % ont déclaré une transmission hétérosexuelle du VIH et 83,6 % ont indiqué être sous traitement antirétroviral. "La co-infection par le virus de l’hépatite B était définie par la présence de l’antigène de surface de l’hépatite B. L’insuffisance rénale était définie par un débit de filtration glomérulaire estimé de plus de 60 mL/min/1,73 m²." Selon les résultats, 8 % des volontaires présentaient une insuffisance rénale, avec une proportion plus élevée chez les personnes vivant avec le VIH et porteuses du virus de l’hépatite B que chez celles qui n’en étaient pas atteintes (14,8 % contre 7,6 %). La plupart des cas d’insuffisance rénale étaient de stade III.

Insuffisance rénale : 3 facteurs de risque identifiés

Les facteurs associés à un dysfonctionnement rénal chez les personnes vivant avec les deux virus incluent un âge plus avancé. Dans le détail, les adultes de 50 ans et plus présentaient un risque d'insuffisance rénale plus de six fois supérieur à celui des 18-29 ans. Le fait de vivre dans un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure et un faible taux de plaquettes faisaient également parti des facteurs de risque d’insuffisance rénale chez les patients. "Un taux de CD4 plus élevé réduisait considérablement la probabilité d'insuffisance rénale."

Des différences de risque en fonction du schéma thérapeutique antirétroviral

Les auteurs ont aussi observé des différences de risque selon le schéma thérapeutique antirétroviral. D’après les travaux, les personnes recevant une association "inhibiteurs nucléosidiques/nucléotidiques de la transcriptase inverse" et "inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse" ou "inhibiteurs nucléosidiques/nucléotidiques de la transcriptase inverse" et "inhibiteurs de la protéase" présentaient un risque moindre que celles sous "inhibiteurs nucléosidiques/nucléotidiques de la transcriptase inverse" et "inhibiteurs du transfert de brin de l’intégrase". "Aucune différence significative n'a été observée entre le ténofovir disoproxil fumarate et le ténofovir alafénamide, bien que la taille de l'échantillon pour le ténofovir alafénamide soit limitée."

"Ces médicaments étant essentiels aux soins dans la région Asie-Pacifique, il est crucial de comprendre leur impact à long terme sur la santé rénale, en particulier chez les personnes atteintes d'une double infection, afin de garantir un traitement sûr et efficace", a conclu Thinh Toan Vu, qui a dirigé l’étude.

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