- Des chercheurs ont identifié des bactéries intestinales et des voies métaboliques spécifiques liées au syndrome d’auto-brasserie.
- Il s'agit d'une maladie rare qui conduit l'organisme à produire naturellement de l'alcool lors de la décomposition des glucides.
- Cette découverte pourrait également aider à mettre au point un dépistage et des traitements.
Le syndrome d’auto-brasserie est une maladie rare où l’organisme produit naturellement de l’alcool. Il peut même conduire certains patients à se sentir “ivres” alors qu'ils n'ont pas bu. Si plusieurs études de cas ont été publiées, la maladie reste assez incomprise. Toutefois, les médecins de Mass General Brigham ont fait une avancée de taille. Ils ont pu identifier les bactéries intestinales et les voies métaboliques à l’origine du phénomène.
Leur découverte a été présentée dans la revue Nature Microbiology, le 8 janvier 2026.
Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae : des bactéries intestinales liées au syndrome d’auto-brasserie
Pour étudier ce trouble rare, les chercheurs ont réuni 22 patients souffrant de la maladie ainsi que les personnes qui vivaient avec eux et qui n’étaient pas touchées par la maladie. Vingt-deux participants en bonne santé ont été ajoutés pour former le groupe contrôle.
L'équipe a comparé la composition et l'activité du microbiote intestinal de ces trois groupes grâce à des analyses de selles. Elles ont dans un premier temps montré que les échantillons des personnes souffrant du syndrome contenaient beaucoup plus d’éthanol que les autres. "Ce résultat souligne la possibilité de développer un test fécal qui faciliterait et fiabiliserait le diagnostic de cette affection à l'avenir", notent les auteurs dans leur communiqué.
Les prélèvements ont également permis une présence importante de plusieurs bactéries intestinales comme Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae chez les personnes touchées par la maladie aussi appelée syndrome de fermentation intestinale.
Lors de leurs poussées symptomatiques, certains patients présentaient également des taux d'enzymes impliqués dans les voies de fermentation plus élevées que le groupe témoin. Toutefois, les chercheurs reconnaissent que l'identification précise des microbes responsables chez chaque patient demeure une tâche complexe et fastidieuse.
Vers un meilleur diagnostic et traitement ?
Après avoir confirmé le lien entre certaines bactéries intestinales et le risque de syndrome d’auto-brasserie, les scientifiques ont observé un patient dont les symptômes se sont améliorés après une transplantation de microbiote fécal. Les périodes de rechute et de rémission correspondaient étroitement aux changements dans les souches bactériennes et l'activité métabolique intestinale, apportant ainsi des preuves biologiques supplémentaires de cette pathologie. Après une seconde transplantation fécale, réalisée avec un prétraitement antibiotique différent, le patient est resté asymptomatique pendant plus de 16 mois, notent les auteurs.
"Le syndrome d’autofermentation est une maladie mal comprise, pour laquelle il existe peu de tests et de traitements. Notre étude démontre le potentiel de la transplantation fécale", explique le Dr Elizabeth Hohmann, co-auteure principale. "Plus largement, en identifiant les bactéries et les voies microbiennes spécifiques responsables, nos résultats pourraient ouvrir la voie à un diagnostic plus simple, à de meilleurs traitements et à une meilleure qualité de vie pour les personnes atteintes de cette maladie rare."


