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QUESTION D'ACTU

Les Grands Dialogues de la Santé 

Editorial : «Pourquoi la santé doit se remettre à parler»

La Santé en Questions lance une nouvelle série d’émissions : Les Grands Dialogues de la Santé. L’objectif, recréer du dialogue entre tous les acteurs du système de santé. Cette série propose une méthode claire et assumée : médecins, pharmaciens, patients et experts y confrontent leurs points de vue, sans langue de bois.

Editorial : \ DR




La santé craque. Vraiment. Les soignants tiennent, mais à bout de bras. Les patients doutent. Et les gouvernements se succèdent, souvent incapables de dire clairement où l’on va.

Ce constat, chacun le partage. Il n’a rien d’original. Ce qui l’est davantage, en revanche, c’est l’ampleur du paradoxe auquel nous sommes confrontés : jamais la France n’a disposé d’autant de compétences médicales, d’autant de savoirs scientifiques, d’autant d’innovations thérapeutiques, d’autant de moyens techniques et humains. Jamais la médecine n’a été aussi performante sur le plan des connaissances, des outils et des possibilités. Et pourtant, jamais le système de santé n’a semblé aussi fragile.

Si la crise était seulement technique, elle serait déjà résolue. Si elle était seulement budgétaire, elle serait arbitrable. Si elle était seulement organisationnelle, elle serait réformable. Or elle ne l’est pas. La crise actuelle est d’une autre nature. Elle est politique, organisationnelle, humaine et surtout relationnelle. On ne manque pas d’idées, on manque de dialogue. C’est de ce point de départ qu’est née une initiative nouvelle : Les Grands Dialogues de la Santé.

Pas un débat de plus. Pas une émission de plus. Mais un espace structuré, exigeant, régulier, pour remettre la parole, l’écoute et la confrontation constructive au cœur du système de santé.

Pourquoi un nouveau rendez-vous ?

Depuis des années, le système de santé fonctionne en silos. Médecins d’un côté, pharmaciens de l’autre, hôpital et ville dos à dos, patients trop souvent relégués au rôle de variables d’ajustement et décideurs éloignés du terrain, parfois sincères, souvent déconnectés.

Chacun parle, peu s’écoutent, rares sont ceux qui se parlent vraiment. Le résultat est connu : perte de sens, épuisement professionnel, défiance généralisée, suspicion permanente à l’égard des décisions publiques, du médicament, de l’innovation, des institutions. Une médecine sous tension, sommée de produire toujours plus, avec toujours moins de temps, moins de reconnaissance et moins de lisibilité.

Dans ce contexte, Les Grands Dialogues de la Santé ont une ambition simple et radicale : recréer les conditions d’un dialogue adulte entre tous les acteurs qui font et vivent la santé.

Comprendre : refuser les slogans

Premier pilier de cette nouvelle série : Comprendre.

Comprendre, ce n’est pas empiler des constats ni répéter des slogans, c’est refuser les postures idéologiques, dépasser les caricatures, écouter les faits, les soignants et les patients, pour regarder lucidement la réalité du système de santé.

Cela suppose d’accepter la complexité, d’admettre que les problèmes n’ont pas de solutions simples, de reconnaître que les responsabilités sont partagées, de savoir entendre ce qui dérange :
- le sentiment de déclassement d’une partie des médecins,
- la surcharge administrative,
- la crise de la médecine de ville,
- les tensions autour du médicament,
- les ruptures de parcours,
- les contradictions permanentes entre injonctions politiques et réalité clinique.

Sans compréhension partagée, il n’y a pas de réforme possible. Il n’y a que des ajustements à la marge et des frustrations supplémentaires.

Relier : faire dialoguer ceux qui ne se parlent plus

Le deuxième pilier : relier.

Relier, c’est faire dialoguer ceux qui soignent, ceux qui décident et ceux qui vivent la maladie, relier, c’est briser les silos, les méfiances et les postures, c’est reconstruire une confiance collective, sans naïveté mais sans cynisme.

Dans la première émission des Grands Dialogues de la Santé, ce principe est incarné concrètement. Autour de la table :
- des médecins,
- des pharmaciens,
- des représentants des patients.

Pas de responsables politiques pour ce premier rendez-vous. Non par rejet, mais par méthode. Avant d’interpeller ceux qui décident, il fallait d’abord poser un diagnostic partagé, entre acteurs de terrain. Comme le résume le Dr Jean-Paul Ortiz : « Relier, c’est faire dialoguer ceux qui ne se parlent plus, pour sortir des postures et reconstruire une vision commune du système de santé ».

Sans ce travail de lien, la défiance s’installe durablement. Et avec elle, l’impossibilité d’agir collectivement.

Transformer : passer du constat à l’action

Troisième pilier, sans doute le plus exigeant : Transformer.

Transformer, ce n’est pas promettre des miracles, empiler des rapports de plus. Ce n’est pas multiplier les annonces sans lendemain. Transformer, c’est faire émerger des propositions concrètes, mesurables et applicables, issues du terrain et du dialogue. Des propositions capables d’influencer réellement les décisions publiques et d’améliorer la santé de tous

Comme le souligne le Pr Jean-François Bergmann : « Transformer, c’est passer du débat à des propositions opérationnelles, construites à partir de la réalité clinique et du dialogue entre acteurs ».

Chaque émission des Grands Dialogues de la Santé devra accoucher de messages clairs, lisibles, adressés aux décideurs. Non comme des revendications corporatistes, mais comme des pistes de transformation crédibles.

Une première émission fondatrice

La première émission de la série marque le lancement officiel de cette démarche. Elle pose le cadre, le ton, la méthode.

La règle est simple :
- des acteurs de terrain,
- pas de langue de bois,
- un temps fini,
- l’obligation d’aboutir à des propositions.

Il ne s’agit pas de désigner des coupables, mais de poser des responsabilités. Il ne s’agit pas de flatter, mais d’exiger. Il ne s’agit pas de rassurer à tout prix, mais d’éclairer.

Les Grands Dialogues de la Santé n’ont pas vocation à clore le débat. Ils ont vocation à l’ouvrir, durablement, collectivement. Parce que la santé est un bien commun, Parce que les médecins ont une voix qui compte et parce que sans dialogue, il n’y a ni confiance, ni réforme possible.

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