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QUESTION D'ACTU

Maladies chroniques

Pourquoi taxer les sodas et l’alcool sauverait des vies

Faiblement taxés, l’alcool et les boissons sucrées restent trop accessibles, alors même qu'ils augmentent drastiquement le risque de maladies chroniques. L’Organisation mondiale de la santé plaide aujourd’hui pour une hausse de la fiscalité.

Pourquoi taxer les sodas et l’alcool sauverait des vies Elena Sergejeva / istock




L'ESSENTIEL
  • L'OMS appelle les gouvernements à augmenter les taxes sur les boissons sucrées et l'alcool.
  • Ces produits deviennent trop abordables et nuisent à la santé publique.
  • Une fiscalité plus ambitieuse permettrait aussi de financer les systèmes de santé.

Le prix d’une canette ou d’un verre d’alcool peut-il inverser la tendance ? Selon deux rapports récemment publiés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), augmenter les taxes sur les boissons sucrées et l’alcool pourrait être l’un des moyens les plus efficaces pour lutter contre l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires et certains cancers.

Boissons sucrées et alcool : une fiscalité trop faible

"Les taxes santé sont l'un des outils les plus puissants dont nous disposons pour promouvoir la santé et prévenir les maladies", rappelle le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans un communiqué. Pourtant, d'après les données récoltées dans plus de 150 pays, les taxes appliquées à l'alcool et aux boissons sucrées restent faibles et rarement ajustées à l'inflation. Résultat : ces produits deviennent de plus en plus abordables. Ainsi, la bière n'est taxée qu'à hauteur de 14 % de son prix total, tandis que les spiritueux le sont à 22,5 %. Le vin, pourtant associé à des risques avérés, reste exempté de taxe dans 25 pays européens.

Sur les 116 pays taxant les boissons sucrées, la majorité applique une taxe générale, sans lien avec la teneur en sucre. Pourtant, l’OMS recommande une fiscalité fondée sur le taux de sucre, qui inciterait davantage à la consommation de sodas allégés ou sans sucre. En moyenne, une boisson sucrée de 330 ml ne contient que 0,13 euro de taxe sur un prix de vente de 1,33 euro, soit environ 2 %. L’impact sur la consommation reste donc très faible...

A noter, par ailleurs, que près de la moitié des pays taxant ces boissons imposent aussi l'eau en bouteille, ce que l'OMS déconseille formellement.

Des taxes pour financer les systèmes de santé

Chaque année, l’alcool est responsable de 2,6 millions de décès à travers le monde, dont plus de 41.000 en France, et les boissons sucrées contribuent largement aux cas d’obésité et de diabète. Etienne Krug, directeur du département de la promotion de la santé à l'OMS, prévient : "Des produits plus abordables alimentent la violence, les blessures et les maladies. Là où l'industrie fait des profits, le public en paie le prix, et la société, le coût économique".

L’instance onusienne plaide donc pour que les gouvernements augmentent et adaptent ces taxes d’ici 2035, puis orientent les recettes vers le financement des systèmes de santé. Aujourd’hui, seuls dix pays dans le monde réservent une partie des taxes sur les boissons sucrées à des programmes de santé.

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