- La nouvelle feuille de route 2026-2030 du gouvernement entend freiner la progression de l'obésité en France.
- Elle mise sur un accompagnement global, un repérage précoce et une meilleure formation des soignants.
- Le remboursement des médicaments reste, pour l'heure, en discussion.
Près d'un adulte sur deux (47,3 %) est aujourd'hui en surpoids ou obèse en France. Une réalité qui fait de l'obésité un enjeu de santé publique de première importance. Pour y faire face, le gouvernement vient de dévoiler sa nouvelle feuille de route 2026-2030, avec l'objectif de freiner cette épidémie silencieuse qui fait le lit de nombreuses pathologies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires, le diabète, les cancers ou encore les troubles neurologiques.
Repérer plus tôt, prendre en charge autrement
Le mercredi 14 janvier, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a présenté les grandes lignes de ce plan national. Quatre objectifs guident la feuille de route : "Infléchir la progression de l'obésité et améliorer la santé des personnes concernées", "augmenter l'accès à des soins personnalisés, de proximité et inscrits dans la durée", "développer le nombre de professionnels formés et sensibilisés" et "valoriser et généraliser les parcours et prises en charge innovantes".
Le dépistage précoce est au cœur du programme : la Protection maternelle et infantile (PMI), la médecine scolaire, la médecine du travail et les examens périodiques devront identifier plus tôt les personnes à risque. Dès 2026, le premier Parcours coordonné renforcé (PCR) Obésité pour adultes sera déployé, combinant soins médicaux, suivi diététique, accompagnement psychologique et activité physique adaptée. Des parcours spécifiques sont également prévus pour les enfants et les patients candidats à la chirurgie bariatrique. Pour renforcer le maillage territorial, cinq nouveaux Centres spécialisés de l'obésité ont été créés, portant leur total à 42.
Quid du remboursement des médicaments anti-obésité ?
Le gouvernement affiche aussi sa volonté de mieux former les soignants impliqués dans ces parcours : endocrinologues, diabétologues, nutritionnistes et diététiciens seront davantage outillés. "Notre responsabilité est de garantir à chaque personne concernée un accès précoce, équitable et soutenable à des soins et à un accompagnement conforme à ses besoins", a déclaré la ministre.
Malgré l'arrivée de nouveaux médicaments anti-obésité depuis 2024, comme Wegovy ou Ozempic, leur remboursement par l’Assurance-maladie n'est pas encore acté. "La ministre est favorable", selon son cabinet, à une prise en charge sous conditions strictes, pour des personnes en obésité sévère, afin d'en encadrer les prescriptions et éviter tout mésusage. "La négociation" entre l'Etat et les laboratoires pharmaceutiques sur le prix "est toujours en cours", a fait savoir la même source.



