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Inceste : une campagne contre le tabou

Par Cécile Coumau

MOTS-CLÉS :

« L’inceste est toujours un crime » et « Un enfant n'est jamais consentant ». Ces deux phrases sonnent comme des évidences, et pourtant, il semble nécessaire de les répéter, voire de les marteler. C’est ce que fait le Collectif féministe contre le viol (CFCV) qui lance ce 21 janvier une campagne pour lutter conter l’inceste. Ces 35 secondes qui vont être diffusées sur Internet, les réseaux sociaux, puis à la télévision, ont pour but de lever le tabou sur l’inceste, mais pas seulement.


Le Collectif féministe contre le viol a des revendications bien précises, comme le souligne Le Parisien : faire entrer le mot inceste dans le code pénal. Actuellement, c’est la qualification de viol avec circonstance aggravante qui est retenue. « Tout le problème, c’est qu’on traite les enfants comme des adultes, en leur demandant s’ils étaient d’accord », déplore Isabelle Aubry, présidente de l’association internationale des victimes d’inceste, dans les colonnes du Parisien. Autre revendication du CFCV : l’allongement des délais de prescription. Actuellement, un mineur victime d'inceste doit porter plainte avant ses 38 ans. Les associations plaident pour que ce crime soit imprescriptible.


Enfin, Le Parisien pointe que les médecins pourraient, à l’avenir, être obligés de signaler des suspicions d’inceste. Ils ne sont à l’origine que de 2 % des signalements. Le projet de texte que prépare le gouvernement inclurait cette disposition. Encore une fois, si cette obligation d’alerter était effective, elle ne ferait que contribuer à traiter l'inceste comme n’importe quel autre crime. Actuellement, les médecins ont déjà l’obligation de signaler lorsqu’ils ont des doutes concernant la maltraitance d’un enfant. Pourquoi l’inceste ferait exception à la règle ?