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Trafic de chevaux de laboratoire

Viande de cheval : Sanofi Pasteur écarte le risque sanitaire

Par Julian Prial

Une opération de police dans le milieu du commerce de viande en gros a eu lieu ce matin. Elle concerne la vente d'une viande de cheval ayant servi à la recherche pharmaceutique.  

A. GELEBART/20 MINUTES/SIPA
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Près d'un an après le scandale des plats cuisinés de l'entreprise Spanghero, c'est une nouvelle polémique que s'apprête à vivre la filière de la viande en France. En effet, ce lundi, 21 personnes ont été interpellées dans le cadre d'une nouvelle enquête sur un trafic de viande de cheval. Les investigations menées sous la conduite d'un juge de Marseille visent la commercialisation d'une viande issue de chevaux qui auraient auparavant servi à la recherche d'entreprises pharmaceutiques ou de laboratoires. Sanofi Pasteur a indiqué ce lundi avoir collaboré à l'enquête en cours.

Des faux documents à l'origine de la fraude
Selon les informations de France 3 Languedoc-Roussillon, plusieurs centaines de chevaux auraient ainsi été rachetés à Sanofi-Pasteur sur son site de d'Alba-la-Romaine en Ardèche par un marchand de chevaux du Gard. Ce dernier aurait ensuite revendu, les chevaux à un négociant à Narbonne, dans l'Aude. Et c'est à ce moment-là que la fraude semble se jouer. Un faussaire implanté dans les Alpes de Haute-Provence aurait alors établi de nombreux faux documents. Trois vétérinaires complices originaires du Gard, de la Drôme et du Cantal sont quant à eux soupçonnés d'avoir contribué au blanchiment des chevaux avant leur revente en abattoir.

Une viande utilisée pour fabriquer des médicaments
« Nous avons collaboré à l'enquête de gendarmerie », a  à l'Agence France Presse, Alain Bernal, un porte-parole de Sanofi Pasteur, division vaccins du groupe pharmaceutique Sanofi, précisant que le groupe avait été interrogé, « il y a quelques temps », en qualité de témoin. « Nous prenons note de la possible fraude», a-t-il indiqué. Le laboratoire « utilise des chevaux, pas pour des tests de laboratoire, mais pour fabriquer des médicaments ».
En effet, Sanofi Pasteur affirmer utiliser « des chevaux pour produire des sérums, des médicaments qui sauvent les vies humaines, c'est-à-dire qui servent à protéger l'être humain contre la rage, le tétanos, les venins de serpents », a expliqué Alain Bernal à l'Agence Reuters France.
Ce porte-parole a souligné que le cheval était « une usine à anticorps. » « On le vaccine, l'organisme du cheval va générer des anticorps dans le sang. On extrait le sang, on extrait les anticorps, on les purifie et ensuite ça devient un produit pharmaceutique. »
Le laboratoire indique aussi qu'il revend ensuite les chevaux en stipulant qu'ils ne doivent pas se retrouver dans la filière alimentaire et doivent être utilisés pour les loisirs ou dans les écoles vétérinaires.
Enfin, Sanofi a certifié que les équidés servant au groupe à fabriquer des sérums, qui ont fini dans l'assiette des consommateurs, ne présentaient pas de danger pour la consommation humaine.

Impropres à la consommation, selon Benoît Hamon 
Du coté du gouvernement, on reste toutefois plus mesuré. « Impossible de dire s'il y a risque sanitaire», estimait ce matin Guillaume Garot, ministre délégué à l'Agroalimentaire

« A ce stade, rien ne permet de dire qu'il y a un problème sanitaire», a-t-il déclaré. Mais Benoît Hamon, ministre de la Consommation donnait ce matin sur RTL, un point de vue plus tranché : « il s'agirait de chevaux impropres à la consommation, qui devaient finir chez l'équarrisseur et qui potentiellement finiraient chez le boucher. »