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Chercheur en neurosciences

Grand Prix Inserm : Stanislas Dehaene, examinateur de conscience

Par Audrey Vaugrente

Le neuroscientifique Stanislas Dehaene a reçu ce 2 décembre le Grand Prix de l'Inserm. Il est notamment récompensé pour ses travaux sur les patients en état végétatif.

Stanislas Dehaene en 2010 ( BALTEL/SIPA)

Stanislas Dehaene, neuroscientifique à l'Institut national de la Santé et de la Recherche médicale (Inserm), a reçu ce 2 décembre le Grand Prix Inserm 2013. Ce prix récomense ses travaux sur la conscience et ses manifestations physiques.

 

Comment l'éducation transforme le cerveau

« J’ai décidé d’être chercheur le jour où mon père m’a appris que ce terme remplaçait celui d’inventeur, un métier fantasmé qui m’obnubilait depuis toujours. » Mathématicien de formation, Stanislas Dehaene a aujourd'hui atteint son but : il est chercheur en neurosciences et dirige une unité de neuro-imagerie cognitive.


Que se passe-t-il dans le cerveau lors d'un calcul ou pendant la lecture ? Comment ces activités façonnent-elles les connexions entre les neurones ? Telles sont les questions auxquelles Stanislas Dehaene tente de répondre au quotidien. Il est aujourd'hui considéré comme le spécialiste des architectures cérébrales qui sous-tendent les fonctions cognitives. Mais il cherche aussi à comprendre comment l'éducation peut transformer le cerveau, au sein du centre NeuroSpin de l'Inserm.


Un marqueur de conscience identifié


Le sujet de prédilection de Stanislas Dehaene : la signature cérébrale que laisse l'état de conscience. Il travaille actuellement sur ce sujet avec une équipe de chercheurs. « Notre hypothèse de travail est que la conscience est issue d’un système de connexions corticales à longue distance qui permet au cerveau de diffuser de l’information, » explique le checheur dans Sciences et Santé, la revue mensuelle de l'Inserm. « Etre conscient, c’est avoir une information disponible dans l’espace de travail neuronal global. »


Son équipe vient d'identifier un marqueur qui distingue les patients en état végétatif et les patients en état de conscience minimal. Sur le plan clinique, il est difficile de les différencier. Ce marqueur permet de prédire si le cerveau va récupérer sa conscience ou non.


En parallèle de cette étude de grande ampleur, l'équipe de Stanislas Dehaene participe à des études transversales. Leur dernière collaboration est le Human Brain Project, qui a pour but d'inventer une machine reproduisant les propriétés du cerveau humain. Une idée qui relève de la science-fiction, digne des rêves de jeunesse de ce chercheur.