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Alerte aux consommateurs

Des nanoparticules dangereuses cachées dans nos produits de tous les jours ?

Par Rafaël Andraud

Une étude publiée jeudi 15 décembre 2022 a mis au jour la présence de nombreuses nanoparticules dans plusieurs objets du quotidien, alors que certaines sont interdites. Ces substances pourraient présenter des risques pour la santé et l'environnement.

Dr_Microbe/iStock
Ces nanoparticules, très présentes autour de nous, que ce soit de manière naturelle ou dans les produits de consommation, sont “très prisées des industriels”, souligne l'Avicenn.
Elles permettent de modifier la couleur, la texture, le goût ou l’odeur d’un produit. Par exemple, les nanoparticules de dioxyde de titane sont notamment utilisées comme "colorant blanc pour les cosmétiques", précise Mathilde Detcheverry.
“Celles d’argent ont des propriétés antibactériennes et anti-odorantes, et celles de silice peuvent servir d’anti-agglomérant dans l’alimentaire.”

L’Association de veille et d’information civique sur les enjeux des nanosciences et nanotechnologies (Avicenn) a testé 23 produits de grande consommation. Selon les résultats de leur étude, menée auprès d’un laboratoire français et publiée ce jeudi 15 décembre, 20 d’entre eux présentent des traces de nanoparticules. Parmi eux, on retrouve brosses à dents, baume à lèvre, poudre pour le visage, spray pour les cheveux, masque FFP2, lait infantile…

Poudre pour le visage, brosse à dents... certains produits inquiètent

“Certains produits nous interpellent particulièrement”, souligne Mathilde Detcheverry, déléguée générale de l'Avicenn, dont les propos ont été relayés par le journal La Croix. Dans le viseur : une poudre pour le visage de la marque L’Oréal, qui contient un très “fort taux de nanoparticules de dioxyde de titane”. Le dioxyde de titane est banni du secteur alimentaire dans les pays de l’Union européenne, pour risque de génotoxicité et cancérogénicité. Même inquiétude à propos d’une brosse à dents Signal pour enfants, où une importante concentration de nanoparticules d’argent a été retrouvée. D’autres produits du quotidien ont également montré une forte présence de ces substances microscopiques, comme une palette de maquillage pour enfants, une soupe déshydratée, ou encore une culotte menstruelle.

Malgré la présence de ces nanoparticules, l’étiquetage de ces produits n’y fait pas référence. Pourtant, une réglementation européenne de 2013 rend obligatoire la mention de "nano" sur l'étiquetage des cosmétiques et produits alimentaires qui en contiennent. Un "fiasco" pour l’association, selon qui "la majorité des produits dans lesquels nous avons détecté des nanos sont couverts par (cette) obligation européenne".

Nanoparticules : quels risques pour la santé et l'environnement ?

Ces nanoparticules ne sont pas sans risque pour la santé et l’environnement. Des "risques de cancer" ou d’effets graves sur "la fertilité", sur "le système nerveux", mais aussi de dégradation de la "faune aquatique", ont déjà été mis en lumière par plusieurs études, selon Mathilde Detcheverry. Cependant, les effets réels sont encore incertains, en raison d’un "manque de données industrielles et scientifiques", reconnaît l'Avicenn, qui appelle à davantage de recherches sur ce sujet.

Mais il ne faut pas s’affoler pour autant, rappelle Mathilde Detcheverry, qui explique qu’il n’y a "pas de risque aigu à consommer ces produits à court terme. Les inquiétudes portent uniquement sur une exposition cumulée et dans la durée." Dans l’attente d’une réaction de la part de l’industrie et de l’autorité publique, l'Avicenn appelle à élargir l’obligation d’étiquetage aux secteurs non concernés et à affermir les mesures pour mieux encadrer la présence de ces nanoparticules dans les produits de consommation.