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Une nouvelle méthode

Scanner : réduire l'exposition des enfants aux radiations

Par Audrey Vaugrente

Le scanner n’est pas sans conséquences chez un enfant. L’irradiation peut favoriser un cancer. Une nouvelle approche permet de limiter l’exposition des plus jeunes.

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Le scanner expose le patient aux radiations. Les enfants y sont particulièrement sensibles en raison de leur taille et de leur condition physique. Ils risquent davantage de développer un cancer à croissance lente. Une étude menée par le centre pédiatrique de Johns Hopkins de Baltimore propose de réduire leur exposition mais pas la fiabilité des résultats.

 

Photographier 7 tranches de cerveau au lieu de 40

« Nous avons cherché différents moyens de réduire l’exposition aux radiations chez les enfants sans sacrifier la fiabilité du diagnostic des images, » explique Edward Ahn, le chercheur senior de l’équipe de Johns Hopkins. L’approche médicale de l’étude propose de photographier 7 tranches du cerveau. Actuellement, un scanner réalise entre 32 et 40 tranches. Selon le rapport, publié dans le Journal of Neurosurgery, les enfants reçoivent 92% de radiations en moins qu'avec un scanner standard.

 

Cette nouvelle méthode réduit au maximum l'irradiation des plus jeunes. Elle fournit aux chercheurs des images parfaitement claires et fiables. Sur 50 enfants examinés régulièrement, seuls 4% des résultats étaient erronés. Les photographies n’ont pas rendu de « faux négatifs » mais trois « faux positifs. » Autrement dit, trois ont signalé une évolution qui n’existait pas. Mais les résultats n’ont dissimulé aucune progression. Jonathan Pindrik, dirigeant de l’équipe de recherche, s’en félicite : « La pensée traditionnelle veut que moins de tranches signifie, par définition, moins de clarté et de fiabilité dans le résultat du scanner. Nos découvertes prouvent que ce n’est pas le cas. »

 

Moins irradier les enfants malades

L’étude a été menée sur 50 enfants souffrant d’hydrocéphalie. Cette maladie entraîne un excès de liquide dans le cerveau. L'excédent est médicalement évacué par des drains. Cette technique suppose une analyse scanner régulière pour vérifier que le drain est bien positionné et que sa présence n’a pas causé de dommages. Une méthode lourde et fortement irradiante. Les chercheurs ont comparé l’approche traditionnelle et la méthode limitée. L’approche proposée par l’hôpital Johns Hopkins s'avère mieux adaptée à un enfant et ne compromet pas les résultats du traitement.

 

Cette découverte pourrait se révéler particulièrement utile en salle d’urgences pédiatriques. Les diagnostics doivent être à la fois rapides et non irradiants. La plupart du temps, les expositions se révèlent beaucoup trop longues. Une telle application des examens saura se montrer précieuse dans les structures de tailles modestes qui ne disposent pas de machine IRM.

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