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Semaine d'action 2021

Fibrillation atriale :"Les traitements anticoagulants réduisent le risque d'AVC"

Par Thierry Borsa

La fibrillation atriale toucherait plus de 750 000 personnes en France. Dans le cadre de la Semaine d'Action 2021 concernant cette maladie, Pourquoi Docteur vous propose une série d'articles pour mieux connaître la fibrillation atriale, ses symptômes et les traitements pour la contrôler. Le Pr François Shiele explique ici pourquoi les traitements anticoagulants sont, malgré le risque hémorragique, la meilleure prévention contre les AVC.

Motortion/iStock

"La prescription d'anticoagulants fait partie du traitement de la fibrillation atriale". Le Pr François Schiele est formel : il est difficile, en dehors des cas touchant des personnes jeunes et sans autre maladie, de se dispenser de ce traitement face à une fibrillation atriale. Pourquoi ? Parce que cette maladie qui entraîne un dysfonctionnement des contractions cardiaques génère une stagnation du sang dans l'oreillette qui ne jour plus normalement son rôle d'évacuation du sang fers le ventricule. Il y a donc un risque de stagnation du sang et par conséquent de formation de caillots. Et le danger majeur avec un caillot sanguin est qu'il soit évacué vers la circulation cérébrale en provoquant un AVC. C'est là le risque le plus important de complication grave associée à la fibrillation atriale.

L'AVC, "événement dévastateur"

Le problème est que la fibrillation atriale qui concerne plus de 750 000 personnes en France avec une prévalence particulièrement importante chez les plus de 65 ans (ils représentent les deux tiers des patients) est une maladie dite "silencieuse", c'est à dire que ses symptômes peuvent être léger et passer totalement inaperçus. Mais mêle dans le cas où la FA ne se manifeste pas par des palpitations, des essoufflements ou une fatigue anormale, le risque d'AVC est bien présent. "Ce risque d'un événement dévastateur n'est pas toujours perçu, insiste le Pr François Schiele, et c'est bien un traitement avec des anticoagulants qui peut le réduire de façon très importante".

Un risque hémorragique lié aux traitements anticoagulants

Mais qui dit anticoagulants dit aussi augmentation du risque hémorragique, surtout chez les patients les plus âgés dont le système circulatoire est déjà fragilisé. "Malgré l'existence de ce que l'on appelle les nouveaux anticoagulants qui sont beaucoup plus stables et qui s'accompagnent de moins de contraintes, le risque hémorragique existe toujours et on ne peut pas écarter les complications qui y sont liées", admet le Pr Schiele.

Alors, quel est le plus grand risque, celui d'un AVC ou celui d'une complication hémorragique ? "Le risque hémorragique est moins fréquent et moins grave que celui de faire un AVC lorsque l'on souffre de fibrillation atriale", tranche François Shiele. Il insiste même sur le cas des patients de 80 ans et plus chez lesquels le risque hémorragique est élevé et qui seraient tentés d'interrompre leur traitement avec des anticoagulants : "dans ce cas, le risque d'AVC augmente beaucoup plus que le risque hémorragique, c'est la raison pour laquelle il est donc impératif de poursuivre le traitement !".

Ci-dessous, l'interview du Pr François Schiele :

Notre émission Questions aux Experts sur la fibrillation atriale :