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SOPK

Fréquent mais méconnu, ce trouble favorise le diabète chez la femme

Par Diane Cacciarella

Les patientes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ont deux fois plus de risques de développer un diabète de type 2.

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Le syndrome des ovaires polykystiques est la première cause d’infertilité.
Il est aussi associé à un risque accru de souffrir de diabète de type 2.

Selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), une femme sur dix serait concernée par le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), ce qui en fait la maladie hormonale la plus fréquente chez les femmes en âge de procréer. Celle-ci peut entraîner des troubles de la fertilité - c’est la première cause - et des complications métaboliques telles que le diabète de type 2. Selon une étude publiée dans la revue Diabetes Care, les femmes qui en sont atteintes ont en effet deux fois plus de risques de devenir diabétiques. 

Troubles de l’ovulation, hyperpilosité, diabète de type 2… 

Le SOPK est dû à un dérèglement hormonal d’origine ovarienne ou au niveau du cerveau. Ce déséquilibre entraîne une production excessive d’un type d’hormones appelé androgènes - qui comprend notamment de la testostérone - qui sont habituellement produites en petite quantité chez les femmes. Mais chez ces patientes, les quantités sont élevées. Elles ont, par exemple, un fort taux de testostérone dans le sang.

Concernant les symptômes du SOPK, ils sont très différents d’une femme à l’autre. Certaines ont des troubles de l’ovulation, qui se traduisent par des cycles irréguliers, plus longs ou bien inexistants. Chez d’autres, la surproduction de testostérone entraîne une hyperpilosité, de l’acné ou encore la chute de leurs cheveux. Enfin, dernier symptôme pouvant toucher ces patientes : le syndrome métabolique, c’est-à-dire qu'elles développent une résistance à l’insuline, l'hormone qui régule la concentration de sucre dans le sang. Si elles ont ce symptôme, elle ont donc un risque très élevé de souffrir de diabète de type 2. 

Le diabète de type 2 : le plus fréquent dans le monde

Le diabète de type 2 peut être défini comme un excès durable de sucre dans le sang, l’hyperglycémie. Le pancréas sécrète de l’insuline (censée réguler le taux de sucre dans le sang) mais son effet est moins efficace. Le patient a donc une résistance à l’insuline et son taux de sucre dans le sang ne baisse plus naturellement. Il s’agit du diabète le plus fréquent dans le monde. Il est favorisé par l’évolution des modes de vie et l’urbanisation, parfois associé à de mauvaises habitudes qui sont aussi des facteurs de risques de cette maladie : mauvaise alimentation, inactivité physique, sédentarité, obésité, etc. Cette pathologie est généralement découverte à l’âge adulte et peut entraîner de graves conséquences à l’instar de problèmes cardiovasculaires. 

La pilule contraceptive pourrait limiter le risque d’avoir du diabète

Pour l’instant, les scientifiques n’arrivent pas à expliquer le lien entre SOPK et le diabète de type 2. Parmi leurs hypothèses : le surpoids de certaines patientes qui peut favoriser le diabète. Néanmoins, ils ont observé que celles qui n’avaient pas de problèmes de poids étaient aussi concernées...

Au cours de leurs travaux, les chercheurs ont également fait une découverte notable : les patientes prenant la pilule contraceptive oestroprogestative, c’est-à-dire avec deux types d'hormones sexuelles féminines (œstrogène et progestérone), avaient statistiquement moins de risques de souffrir de diabète. Les scientifiques souhaitent donc poursuivre leur étude afin de déterminer si, à terme, la pilule contraceptive pourrait être un traitement pour ces patientes. 

Actuellement, il n’existe pas de traitement pour guérir le SOPK. La seule prise en charge proposée est symptomatique - jusqu’à la ménopause - pour améliorer la qualité de vie des patientes qui en sont atteintes.