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Troubles cognitifs

Comment nos réflexes ancestraux face aux animaux permettent de repérer un risque d'Alzheimer

Par Thierry Borsa

L'utilisation d'une application basée sur un défilement d'images incluant des animaux pour détecter des signes avant-coureurs d'Alzheimer a été autorisée par la FDA américaine.

FamVeld/iStock
La relation ancestrale humains-animaux permet au cerveau de détecter l'image d'un animal en moins de 200 millisecondes
C'est sur cette capacité de détection rapide -ou non- que repose la possibilité de diagnostiquer un trouble cognitif

Détecter des signes de la maladie d'Alzheimer en montrant des images parmi lesquelles il faut repérer celles qui représentent des animaux ? L'idée peut paraître -trop ?- simple. C'est pourtant le principe utilisé dans une application dont la FDA américaine vient d'autoriser l'utilisation pour repérer les troubles cognitifs précoces. "La détection et le suivi précoces des patients atteints de troubles cognitifs légers et de la maladie d'Alzheimer sont essentiels pour lutter contre la démence et apporter des avantages aux patients, aux soignants, et aux prestataires de soins de santé", soulignent les auteurs de l'étude à partir de laquelle la FDA a délivré son autorisation

Le principe consiste à présenter sur une tablette une centaine d'images défilant à un rythme très rapide (quelques centièmes de secondes par image) et de demander au patient de les classer comme des images d'animaux ou comme d'autres images. Un exercice en apparence simpliste et qui peut ressembler à un jeu d'éveil pour de jeunes enfants mais qui repose sur une particularité des humains : leur capacité, avec un cerveau fonctionnant normalement, à réagir en seulement quelques millisecondes (précisément 200 millisecondes) aux stimulis animaux.

Un outil pour les personnes qui commencent à avoir des troubles de la mémoire

Mais d'où provient cette réactivité de notre cerveau face à l'image animale? "Les anciens humains devaient soit les fuir parce qu'ils représentaient un danger mortel, soit les traquer pour se nourrir", expliquent les concepteurs de cette application. C'est donc à partir de ce réflexe ancestral que leur outil a été conçu à destination de personnes qui commencent à rencontrer des troubles de la mémoire et qui veulent savoir s'ils sont à risque de développer un trouble cognitif comme la maladie d'Alzheimer.

"Pendant le test, le cerveau des participants à la mise au point de cette application a été observé par IRM et cela a montré que le travail de reconnaissance d'images engage des zones cérébrales qui sont anatomiquement identifiées comme étant parmi les premières zones touchées dans les stades primaires de la maladie d'Alzheimer", soulignent les chercheurs. Et les tests réalisés ont montré que les personnes atteintes de troubles cognitifs légers avaient une vitesse de réaction pour identifier les images d'animaux qui était beaucoup plus lente que celle des participants ne souffrant d'aucun trouble.

Restait à trouver une solution pour éviter que des patients dont l'évolution des capacités cognitives est suivie sur un temps assez long "trichent" avec cette application en mémorisant l'ordre de présentation des images afin de donner la bonne réponse, image d'animal ou autre image. La solution, elle aussi simple dans son principe, a été de rendre aléatoire le défilement des images !