ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Désinfection : une arme redoutable mise au point contre les futurs virus

Hygiène

Désinfection : une arme redoutable mise au point contre les futurs virus

Par Diane Cacciarella

Un nouveau désinfectant tue les virus présents sur une surface jusqu’à sept jours après son application. Ce produit pourrait donc être un nouvel outil pour lutter contre la Covid-19 ainsi que six autres virus.

Maridav/iStock
Actuellement les produits désinfectants pour les professions de santé ont une efficacité limitée dans le temps
De nouveau produit assurerait une désinfection parfaite de toutes les surfaces durant 7 jours

Jusqu’à sept jours d’efficacité contre les virus… C’est la promesse d’un nouveau désinfectant mis au point par des chercheurs américains dont les travaux ont été publiés dans la revue ACS Nano . Ce produit serait capable de tuer les virus jusqu’à une semaine après son application sur la surface où il a été utilisé. Dans le contexte actuel d’épidémie mondiale, cette découverte pourrait constituer une arme puissante contre la Covid-19 ainsi que d’autres virus. 

7 jours d’efficacité après application...

"Au départ, je voulais développer un désinfectant à action rapide, explique Christina Drake, à l’origine de ce nouveau produit. Mais nous avons parlé aux consommateurs - tels que les médecins ou les dentistes - pour savoir ce qu'ils attendaient vraiment d'un désinfectant. C’est la longue durée leur importait plus, que le produit continue à désinfecter longtemps après son application sur les zones contact comme les poignées de porte et les sols". Actuellement, les sprays et lingettes désinfectants ont une action limitée à quelques minutes maximum après leur utilisation. Celui-ci pourrait donc permettre, à l’avenir, de mieux endiguer la pandémie, en limitant la contagion par les surfaces. 

… grâce à une composition à base de nanoparticules 

Ce nouveau désinfectant est composé de nanoparticules, c’est-à-dire de très petites particules. L’ingrédient actif, qui permet l’efficacité du produit, est une nanostructure artificielle  appelée oxyde de cérium. Celle-ci a été modifiée par les chercheurs pour la rendre plus puissante contre les agents pathogènes. "Les nanoparticules émettent des électrons qui oxydent le virus, ce qui le rend inactif”, explique Sudipta Seal, qui a participé au projet. De plus, ce sont les nanoparticules qui permettent au désinfectant d’être efficace pendant sept jours après son application. 

Un désinfectant efficace contre au moins 7 virus différents

"Le désinfectant a montré une très bonne action antivirale contre sept virus différents, explique Griff Parks, dont le laboratoire a été chargé de tester le produit contre plusieurs virus. Non seulement il a montré des propriétés antivirales contre le coronavirus et le rhinovirus, mais il s'est également avéré efficace contre un large éventail d'autres virus avec des structures et des complexités différentes. Nous espérons qu'avec une gamme aussi étendue, ce désinfectant sera également un outil efficace contre d'autres nouveaux virus émergents”. Les chercheurs envisagent son utilisation dans les établissements de santé pour limiter les infections de maladies nosocomiales comme le Staphylococcus aureus ou Staphylocoque doré. 

Pas de produits chimiques nocifs pour la santé

Autre avantage de ce nouveau désinfectant : il ne contient pas de produit chimique nocif et pourra donc être utilisé sur toutes les surfaces. En effet, les tests réglementaires d'irritation de la peau et des cellules oculaires qu'exige l'Agence de protection de l'environnement des États-Unis, n'ont montré aucun effet néfastes. "De nombreux désinfectants ménagers actuellement disponibles contiennent des produits chimiques qui peuvent être nocifs pour le corps en cas d'exposition répétée, insiste Christina Drake. Notre produit à base de nanoparticules sera plus sécurisé et jouera ainsi un rôle majeur dans la réduction de l'exposition globale des humains aux produits chimiques". Pour l’instant, ce produit n’est pas encore commercialisé car des recherches supplémentaires doivent être faites, notamment pour le tester en dehors du laboratoire. Le but de ces derniers essais est de voir s’il reste aussi efficace malgré les conditions extérieures telles que la température ou le soleil.