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QUESTION D'ACTU

Rapport Bégaud et Costagliola

Médicament : 7 mesures pour éviter les mauvaises prescriptions

L'affaire des pilules a montré la nécessité de mieux surveiller les precriptions médicales. Les Prs Bégaud et Costagliola formulent 7 propositions pour améliorer le bon usage du médicament.  

Médicament : 7 mesures pour éviter les mauvaises prescriptions ISOPRESS/SIPA

  • Publié 17.09.2013 à 07h52
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« La France est l’un des pays développés dans lequel les prescriptions de médicaments non conformes semblent le plus fréquentes, si ce n’est banalisées. Les conséquences de cette situation (...) constituent un fardeau considérable, d’ampleur comparable aux grands fléaux sanitaires qui touchent notre pays. » C'est l'un des constats du rapport sur « le bon usage du médicament » remis ce lundi à la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Une mission confiée au Pr Bernard Begaud, pharmacologue à l'Université de Bordeaux et au Pr Dominique Costagliola de l'Université Pierre et Marie Curie (Paris).

Ce rapport débute toute d'abord sur le bilan pour le moins négatif du bon usage du médicament en France. « M
ême si au plan international de nombreuses crises sanitaires ont émaillé l’histoire moderne du médicament, force est de constater que la France occupe, tant par l’ampleur que par la fréquence de ces crises, une place particulière », observent les auteurs.
Certaines crises sont, il est vrai, spécifiques à notre pays. Inutile de rappeler les scandales de la vaccination contre l’hépatite B, ou celui du Mediator. Ou plus récemment encore, les polémiques bien franco-françaises sur l'utilisation des pilules contraceptives de nouvelle génération, ou les prescriptions hors AMM de l'antiacnéique Diane 35. Face à ce constat inquiétant, l'urgence est à une refonte de la pharmacovigilance française. Le rapport propose ainsi sept leviers afin d'améliorer ce système qui a montré ses limites.

Création d'une structure chargée de surveiller le bon usage du médicament
Les universitaires réclament tout d'abord la création d'une structure dédiée à la surveillance du bon usage du médicament qui organiserait l'accès aux données de santé, accompagnerait les chercheurs et assurerait une veille sur les grandes classes de médicaments. « Epidémiologie, pharmaco-épidémiologie, statistique, informatique, médecine et pharmacie, toutes ces disciplines devront être représentées au sein de cette nouvelle structure », précisent les auteurs. « Une nouvelle structure chargée de surveiller, en temps réel, l'usage du médicament », rajoutent-ils. 

Ecoutez le Pr Bernard Begaud, pharmacologue à Bordeaux : « La culture de santé publique n'est pas très développée en France. On fait partie d'un pays qui ne regarde pas les grandes analyses globales. On reste à un niveau individuel de la relation patient-médecin ...»



Améliorer la formation des professionnels de santé
Les deux pharmacologues déplorent, par ailleurs, un volume horaire dévolu à l'usage rationnel des produits de santé lors de la formation initiale nettement inférieur aux recommandations européennes pour les études médicales.
D'après une récente comparaison internationale, la France est, en effet, l'un des trois pays européens qui ne reconnaît pas la pharmacologie clinique comme une spécialité médicale. Ils souhaitent donc à présent que cette question fasse partie intégrante des notions à valider obligatoirement lors de l'examen de fin d'études médicales. 
Autre enquête, autre constat d'échec, aucun des étudiants en fin d'étude de pharmacie des facultés de Tours et de Bordeaux n'avait entendu parler de pharmaco-épidémiologie, regrettent-ils.

Renforcer l'information auprès du grand public
Selon les deux chercheurs, il est indispensable de créer un portail unique sur le médicament qui regrouperait les informations réglementaires, les recommandations de bonnes pratiques et les alertes sanitaires sous la forme d'un répertoire exhaustif simple à consulter. Un site qui pourrait également servir d'interface pour les déclarations des effets indésirables et comporterait une plateforme d'autoformation continue et de validation des acquis.
En outre, pour restaurer la confiance de la population envers le médicament, les auteurs souhaitent également le lancement de campagnes grand public dans les médias, du type de celle de fin 2011 début 2012 sur « le médicament n’est pas un produit de consommation comme les autres ».
Enfin, « Des brochures d’informations à disposition dans les cabinets médicaux et les officines, et, quelques heures d’enseignement en collège et lycée sur le médicament (son histoire, son apport en santé publique) semblent des moyens efficaces pour renforcer l'information du public », concluent les auteurs.












 

 

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