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Moelle épinière

Sommeil mouvementé : les neurones responsables identifiés

Par La rédaction

La narcolepsie, qui est un endormissement soudain et incontrôlable, et la cataplexie, qui désigne la perte de tonus musculaire responsable de chutes, sont activées par les mêmes neurones. Réussir à les désactiver permettrait de réaliser des traitements pour les personnes souffrant de troubles du sommeil.

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La cataplexie et la narcolepsie sont dues à des neurones actifs situés dans la moelle épinière ventrale.
En désactivant cette zone, il est possible de stopper les troubles et de rétablir un sommeil de qualité.

Les troubles du sommeil peuvent revêtir plusieurs formes. Que ce soit la narcolepsie ou la cataplexie, ils ont tous des effets sur la qualité du sommeil, qui est primordiale pour le bon fonctionnement du corps. Des chercheurs de l’université de Tsukuba (Japon) ont découvert quels sont les neurones dans le cerveau responsables de ces troubles du sommeil. Les résultats de l’étude ont été publiés le Journal of Neuroscience le 28 décembre 2020. 

La narcolepsie se caractérise par un endormissement soudain à tout moment de la journée tandis que la cataplexie est une maladie apparentée dans laquelle les personnes perdent soudain leur tonus musculaire et s’effondrent. Bien qu'ils soient éveillés, leurs muscles agissent comme s'ils étaient en sommeil paradoxal. Les chercheurs estiment que les neurones peuvent être liés à cette activité.

Un groupe de neurones trop actif 

Selon eux, il existerait une corrélation entre le sommeil paradoxal et les rêves. Lorsque nous dormons, nos yeux bougent d'avant en arrière tandis que le corps reste immobile. Cet état de quasi-paralysie des muscles pendant le rêve s'appelle l'amyotrophie du sommeil paradoxal. Pourtant, chez certaines personnes, au lieu d’être inactifs lors du sommeil paradoxal, les muscles restent en mouvement. Cela peut aller de simples spasmes jusqu’aux mouvements réels et le phénomène est lié au sommeil paradoxal. 

En cherchant à trouver la réponse chez des souris souffrant de narcolepsie et de cataplexie, les chercheurs ont mis la main sur un groupe spécifique de neurones situés dans la moelle épinière ventrale, qui reçoit de l’aide d’une autre zone appelée le noyau tegmentaire sublatérodorsal. Selon eux, ce sont ces neurones qui empêchent normalement les mouvements musculaires incontrôlés pendant le sommeil paradoxal. “L'anatomie des neurones que nous avons trouvés correspond à ce que nous savons, explique Takeshi Sakurai, professeur. L’université de Tsukuba. Ils étaient connectés aux neurones qui contrôlent les mouvements volontaires, mais pas à ceux qui contrôlent les muscles des yeux ou les organes internes. Ils étaient surtout inhibiteurs, ce qui signifie qu'ils peuvent empêcher le mouvement des muscles lorsqu'ils sont actifs.”

Contrôler les muscles pour améliorer le sommeil

En bloquant ces neurones chez les souris, celles-ci se sont mises à bouger durant leur sommeil, de la même manière dont le ferait une personne souffrant d'un trouble du comportement du sommeil paradoxal. “Nous avons découvert que le fait de faire taire le noyau tegmentaire sublatérodorsal et la moelle épinière ventrale réduisaient le nombre d'attaques cataplexes”, souligne Takeshi Sakurai. 

Dans leur conclusion, les chercheurs soulignent que cette expérience a montré que ces circuits spéciaux contrôlent l'atonie musculaire à la fois dans le sommeil paradoxal et la cataplexie. “Les neurones glycinergiques que nous avons identifiés dans la moelle épinière ventrale pourraient être une bonne cible pour les thérapies médicamenteuses des personnes souffrant de narcolepsie, de cataplexie ou de troubles du comportement en sommeil paradoxal, explique Takeshi Sakurai. Les études futures devront examiner comment les émotions, dont on sait qu'elles déclenchent la cataplexie, peuvent affecter ces neurones.”