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Séniors

Pour Jane Fonda, "c'est fini !" : y a-t-il un âge pour dire adieu à la sexualité ?

Par La rédaction

Passé un certain âge, l’entretien de la vie sexuelle doit être pris au sérieux, car le désir s’étiole avec le temps, avant de disparaître complètement devant l’absence de stimulation. Pour conserver une vie sexuelle le plus longtemps possible, il faut impérativement ménager son plaisir, seul ou à plusieurs. 

iStockphoto.com/KatarzynaBialasiewicz

Y a-t-il un âge pour délaisser les plaisirs de la chair? Lors d’un entretien pour l’émission américaine The Ellen DeGeneres Show, l’actrice Jane Fonda, âgée de 83 ans, faisait récemment état de sa vie sexuelle. “Je suis vieille et j’ai déjà eu ma dose, indiqua l’actrice au soixante ans de carrière. Mon ex-mari préféré, Ted Turner, dit toujours que si vous attendez trop longtemps, ça fane. Je crois qu’il a raison.” En effet, passé un certain âge, la sexualité peut perdre de sa saveur si elle n’est pas fréquemment stimulée, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. L’occasion pour Sylvain Mimoun, gynécologue-andrologue à Paris, de répondre aux questions de Pourquoi docteur sur la sexualité des séniors. 

- Comment s’entretient la libido?

La libido est entretenue par l’usage de la sexualité. Plus on a une vie sexuelle et plus on entretient ce désir, cette sexualité. Au contraire, si pour la moindre raison, on arrête, la libido s’espace et s’éteint. Il y a malgré tout des personnes très âgées — de plus de 80 ans — qui continuent à avoir une vie sexuelle, mais plus le temps passe et plus ça se raréfie. 

Ce qui se passe très fréquemment avec l’âge, chez la femme en particulier, ce sont les hormones qui cessent au moment de la ménopause. Il y a des femmes qui continuent à avoir une vie sexuelle, ne serait-ce que toute seule en se caressant, et d’autres qui, au contraire, qui réduisent leur sexualité. L’ennui, c’est qu’en commençant à réduire sa vie sexuelle, la fréquence baisse drastiquement. 

- Quel rôle joue la ménopause dans la sexualité des femmes?  

En France, on considère que l’âge moyen de la ménopause, c’est 51 ans. Les hormones, c’est le moteur essentiel de la sexualité mais il y a d’autres éléments qui interviennent, comme les pulsions sexuelles. En somme, chez une femme, ce n’est pas en regardant le taux d’hormone dans le sang que l’on peut déterminer si sa vie sexuelle est finie ou non, c’est bien plus complexe.  C’est un climat général qui auto-entretien la sexualité ou qui au contraire, la réduit. 

- Comment faire pour conserver une vie sexuelle en étant sénior? 

En se faisant plaisir! Ce que je dis à mes patients et patientes, c’est que pour continuer à avoir une vie sexuelle, il faut penser à son propre plaisir. Ce qui est le moteur, c’est “l’égoïsme” partagé dans le rapport. A partir du moment où il y a du plaisir à faire l’amour, cette personne cherchera à continuer de faire l’amour. 

C’est ainsi que s’auto-entretien la vie sexuelle, car l’envie fonctionne comme une flamme qu’il faut nourrir. Il ne faut pas penser qu’il y a un âge pour chaque chose, sinon cela peut être l’arrêt définitif de la vie sexuelle. Le moteur de la sexualité, c’est le plaisir qu’on a. Si une femme ou un homme n’a plus de plaisir, il ou elle abandonnera la sexualité.

- Existe-t-il un moment où la sexualité peut devenir impossible en vieillissant?

Pendant longtemps, on pensait que seuls les hommes avaient des problèmes sexuels, notamment d’érection — c’est pour cela que le Viagra a été trouvé chez l’homme — mais que chez les femmes, ce n’était pas pareil. En réalité, les femmes ont également des problèmes sexuels et ils sont encore pires chez elles. Si elles n’entretiennent pas leur sexualité avec l’âge, il y a une sécheresse vaginale qui s’installe. Elle est suivie par une atrophie vaginale, c’est-à-dire un assèchement et un rétrécissement de la muqueuse vaginale. Tout l’organe se rétrécit, le vagin devient plus petit et moins facile d’accès. Lors des rapports avec pénétration, cela peut engendrer des douleurs voire dans certains cas, les parois vaginales peuvent se coller l’une à l’autre, ce qui peut rendre les choses impossibles.

Avant, lorsqu’il y avait une sécheresse vaginale, le seul vrai traitement consistait à appliquer un traitement hormonal. Toutefois, comme ce dernier peut favoriser le cancer du sein, beaucoup de femmes et de médecins l’ont laissé tomber. Depuis quelques années, il existe un laser vaginal qui permet de réhydrater le vagin, ce qui a apporté une vraie solution pour certaines femmes. C’est un traitement physiologique, actif, non hormonal, indolore pour la femme et qui permet, à raison d’une séance par mois pendant quatre mois, de relancer le processus d’hydratation du vagin et de le faire fonctionner à nouveau comme avant.