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Prévention

Cristoli, ce nouveau virus découvert en Ile-de-France

Par Anaïs Col

L’équipe du laboratoire de virologie de l’hôpital Henri-Mondor AP-HP et de l’Université Paris-Est Créteil ont identifié un nouveau virus responsable de la mort d'une patiente de 58 ans.

Appledesign/iStock
Une femme de 58 ans est décédée d'une encéphalite après avoir été infecté par un Orthobunyavirus
Les Orthobunyavirus sont transmis par des insectes, souvent des moustiques
Il n'y aurait aucun lien entre ce nouveau virus et le Covid-19

Des virologues de l'hôpital Henri-Mondor de Créteil ont découvert l'existence d'un nouveau virus à la suite du décès d'une patiente à la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Selon ce qu'ils décrivent dans la revue Emerging Infectious Diseases, la patiente était âgée de 58 ans, souffrait de fièvre et est décédée d'une encéphalite, soit une inflammation du cerveau.

Le séquençage complet du génome

Ne parvenant pas à déterminer l'origine de cette encéphalite (qui peut être infectieuse ou immunologique), les médecins parisiens ont envoyé une biopsie à leurs collègues cristoliens (habitants de Créteil), lesquels ont utilisé une technologie nommée métagénomique. Cette technique, également utilisée en Chine pour identifier la Covid-19, a permis de découvrir que ce Cristoli virus appartenait à la famille des Bunyaviridae, qui comprend plus de 350 virus répartis dans cinq genres (Orthobunyavirus, Hantavirus, Nairovirus, Phlebovirus et Tospovirus).

Dans le cas présent, il s'agit d'un Orthobunyavirus. “Ils sont transmis par des insectes, souvent des moustiques, mais sont rarement responsables de maladies graves. La plupart des transmissions sont asymptomatiques”a expliqué au Parisien Jean-Michel Pawlotsky, chef du pôle de biologie médicale à Mondor.

Le séquençage complet du génome qui a été réalisé a permis de montrer que ce nouveau virus est proche d’un virus déjà connu, le virus Umbre, mais bien différent, et de révéler une forte expression d'un facteur de virulence, pouvant expliquer la gravité de l'infection”, a indiqué l'AP-HP dans un communiqué.

Pas de lien avec le coronavirus

Néanmoins, de nombreuses questions restent sans réponse. Il est pour le moment impossible de savoir comment la patiente a été infectée, si elle a pu contaminer ses proches, ou même de connaître la période d'incubation de ce nouveau virus. “La patiente avait un terrain très immunodéprimé, elle était très malade par ailleurs, a précisé Jean-Michel Pawlotsky au quotidien. Il s'agit là d'un seul cas, isolé, sans la moindre mesure avec le coronavirus. Pour l'instant, rien n'indique qu'il circule sur le territoire.”