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Journée mondiale de lutte contre le cancer de l’ovaire

Cancer de l'ovaire : souvent silencieux, parfois héréditaire

Par Anaïs Col

La Journée mondiale de lutte contre le cancer de l'ovaire ce 8 mai est l'occasion de faire la lumière sur ce cancer diagnostiqué tardivement dans 75% des cas. 

Magicmine/iStock

Avec 4 500 nouveaux cas par an, le cancer de l'ovaire est peu fréquent mais bénéficie malheureusement d'un pronostic sévère. Longtemps silencieux, il est diagnostiqué au stade III dans 75% des cas, le plus souvent chez les femmes déjà ménopausées dont l'âge moyen est de 65 ans.

Comme le souligne la Ligue contre le cancer, “la fréquence de ce cancer est en diminution depuis les années 80, sans doute grâce à l’utilisation des contraceptifs oraux qui bloquent l’ovulation, principal facteur favorisant”. Néanmoins, le taux de survie est d'un peu plus de 30% à 5 ans : 3 400 femmes en sont décédées en 2018. Pourtant, lorsqu'il est diagnostiqué au stade I, la survie des patientes après 5 ans est de 90%. 

Les signes qui peuvent alerter

Les symptômes apparaissent progressivement, à mesure que la tumeur évolue, ce qui explique pourquoi il est si dur d'établir un diagnostic précoce. Néanmoins, connaître les symptômes qui peuvent alerter s'avère essentiel, même si ces derniers peuvent dans un premier temps être associés à une autre pathologie :

- troubles digestifs et ballonnements, perte d'appétit, douleurs d'estomac, troubles intestinaux (diarrhées, constipation...) ;

- tensions dans les seins, pertes vaginales en dehors des règles ou après la ménopause, saignements, perturbation des règles, problèmes gynécologiques divers ; 

- perturbations liées à l'emplacement de la tumeur : fuites urinaires, douleurs pelviennes, augmentation du volume de l’abdomen, sensation de pesanteur ou d’inconfort au niveau abdominal ;

- fatigue inhabituelle et persistante, perte de poids, douleurs dans le dos, phlébite.

Les facteurs de risque

Environ 10% à 15% des femmes atteintes d’un cancer de l’ovaire ont une prédisposition génétique : “Un cancer de l’ovaire ou du sein chez une mère, une grand-mère, une tante ou une sœur. En effet cette mutation se transmet aux enfants (un sur deux risque d’être atteint).”

L'âge peut également constituer un facteur de risque, de même que les règles précoces (avant 12 ans) ou la ménopause tardive (après 52 ans). Sont également à risque les femmes infertiles, ayant eu recours à la fécondation in vitro (FIV), atteintes d'endométriose ou ayant un kyste endométriosique. L'utilisation fréquente de talc sur les parties génitales durant l’enfance est également pointée du doigt.

L'examen clinique

Les examens sont entrepris le plus souvent lorsque les symptômes commencent à être significatifs ; dans ce cas, la tumeur a généralement déjà atteint un stade d’évolution avancé”, explique la Fondation ARC pour la recherche contre le cancer. Le médecin procède déjà à un examen général incluant la prise de la tension artérielle, la palpation de l'abdomen et des ganglions, un examen des seins, un toucher rectal et un examen gynécologique.

S'il repère une grosseur dans le bas de l'abdomen, au niveau des ovaires, il prescrit des examens complémentaires, notamment une échographie réalisée par voie endovaginale. Cela signifie qu'une sonde est introduite dans le vagin pour visualiser un éventuel kyste au niveau d'un ou des ovaires.

Le médecin en évalue la taille, la forme, le contenu (solide ou liquide). Ces éléments lui permettent de déterminer s’il s’agit d’un kyste bénin — sans gravité — ou d’un kyste malin (cancer)”. Si le médecin peine à préciser la nature du kyste, une IRM sera préconisée. Un bilan biologique ainsi qu'une biopsie peuvent également venir compléter les examens. 

Lorsque le diagnostic de cancer est posé, le médecin réalise le bilan d'extension afin de connaître l’état d’avancement de la maladie, son éventuelle propagation à d’autres organes et enfin, proposer un traitement adapté. 

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