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Justice

Mediator : la liste des mises en examen s'allonge

Par la rédaction

Un ex-chercheur de Servier, et quatre médecins, anciens membres de l'AMM, viennent de s'ajouter à la liste des mises examen dans l'affaire Mediator. 21 personnes figurent aujourd'hui sur cette liste.

ESCHER/JDD/SIPA
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La liste des mises en examen dans l'affaire du Mediator s'allonge encore !  Selon des informations révélées par le journal "Le Monde" ce lundi, 5 nouveaux acteurs déjà entendus dans le cadre de l'information judiciaire ouverte à Paris en février 2011, viennent d'être mis en examen par les magistrats du pôle santé de Paris. Cela porte à 21 le nombre de personnes figurant sur cette liste.


En détails, il s'agit de quatre anciens membres de la commission d’autorisation de mise sur le marché (AMM)  qui dépend de l'Agence nationale de sécurité du médicament (anciennement Afssaps). 
Parmi eux, figurent le Pr Charles Caulin, professeur de médecine à l'hôpital Lariboisière et ancien président de la commission d'AMM à l'Afssaps entre 1997 et 2003. Les motifs de sa mise en examen sont les suivants,  « 
participation illégale d'un fonctionnaire dans une entreprise précédemment contrôlée ». Ce délit est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende, précise le quotidien. Il lui est notamment reproché les liens qu'il aurait entretenu avec les laboratoires Servier, comme consultant entre 2004 et 2006, après avoir quitté la présidence de la commission d'AMM. 
Un autre nom, celui de Jean-Roger Claude. Il est pour sa part mis en examen pour « prise illégale d'intérêt » sur une période allant de 1984 à 2011Il est mis en cause pour avoir été rémunéré par les laboratoires en tant que consultant alors qu'il siégeait à la commission d'AMM.
Autre prise illégale d'intérêt, celle de Bernard Rouveix et Michel Detilleux, tous les deux médecins à l'hôpital Cochin, qui ont également siégé à la commission d'AMM entre 2003 et 2013. S'agissant de M. Rouveix, il lui est par exemple reproché d'avoir joué un rôle de consultant chez Servier tout en siégeant dans cette commission entre 2004 et 2008. 


Enfin, concernant le volet « tromperie » de l'affaire, là encore de nouveaux noms viennent s'ajouter à la liste. Cette fois-ci avec la mise en examen d'un ancien chercheur des laboratoires Servier, le Pr Jean Charpentier pour "corruption", complicité de tromperie et "complicité d'obtention indue d'autorisation ». C'est lui qui a rédigé les études destinées à obtenir l'AMM du Mediator en 1973, en tant qu'expert pharmacologue agréé par le ministère de la santé. Lors de son interrogatoire, en juillet 2011, il avait expliqué que son travail avait été modifié, afin que le Mediator soit reconnu comme antidiabétique. Il avait aussi confirmé que les références à l'effet anorexigène du Mediator, ainsi que sa parenté avec l'amphétamine avait été supprimées. 

Dans le dernier rapport d'expertise, le nombre des victimes du Mediator a été revu à la hausse par les experts judiciaires de l'affaire. D'après eux, entre 1300 et 1800 décès à long terme seraient imputables au médicament. Le produit serait également à l'origine de 3.100 et 4.200 hospitalisations, imputables à une valvulopathie. Le procès visant les laboratoires Servier ne reprendra pour sa part qu'en 2014.