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"Vaincre la peur"

Cancer du sein : un exploit et une étude pour un meilleur dépistage

Par Angéline Galinier-Warrain

Survivante d'un cancer du sein, une américaine est devenue mardi 17 septembre 2019 la première nageuse à traverser la Manche quatre fois d'affilée sans s’arrêter, un exploit réalisé en 54 heures ! En France, une oncologue recherche 20 000 femmes pour une étude visant à améliorer le dépistage de la maladie.

Pavel1964/iStock

Sarah Thomas, 37 ans, originaire du Colorado (ouest des Etats-Unis), est arrivée mardi matin à Douvres, dans le sud de l'Angleterre, sous les applaudissements d'un petit groupe de personnes venue la féliciter. « Je me sens un peu malade », l'entend-on dire à son arrivée. La nageuse d'endurance a fait deux allers et retours entre Douvres et le Cap Gris-Nez, près de Boulogne-sur-Mer au nord de la France.

Avant de se lancer dans cette aventure sportive, la nageuse avait aussi déclaré que « cette nage est dédiée à tous les survivants. C'est pour ceux d'entre nous qui ont prié pour nos vies, qui se sont demandé avec désespoir ce qui allait se passer, qui ont bataillé, dans la douleur et la peur, pour vaincre ».

Un an après un traitement contre le cancer du sein

Cet exploit a été réalisé un an après avoir terminé son traitement contre le cancer du sein. Sarah Tomas a eu besoin de 54 heures, soit plus de deux jours entiers à nager sans relâche. À son arrivée mardi à Douvres, elle a confié d'une voix rauque à la BBC se sentir « assommée » et « engourdie », ajoutant que l'eau salée avait brûlé sa gorge. Elle a remercié son équipe d'assistance, qui l'a alimentée tout du long avec des boissons riches en électrolytes et un peu de caféine.

"Garder le cap"

Ce record n'est pas inédit pour la nageuse : en 2017, elle avait nagé près de 167 kilomètres, pendant 67 heures, dans le Lac Champlain, aux États-Unis. Elle pensait alors être « au sommet de ses accomplissements et de ses réussites sportives, je pensais que je pouvais vraiment faire tout ce que j'avais en tête, je planifiais l'avenir... » lorsqu’on lui a diagnostiqué un cancer a-t-elle témoigné dans une vidéo.

Dans son combat contre la maladie -« le cancer insuffle une peur qui ne s'en va jamais », a confié l'Américaine-, le projet de traverser quatre fois la Manche lui a fait garder le cap. « C'était très important pour moi d'avoir un objectif et des rêves au-delà du cancer ». Un rêve qui remonte à l'enfance, raconte cette battante, bercée par tous ces « gens qui disaient que nager dans la Manche était aussi dur que de grimper l'Everest ».

Améliorer le dépistage pour enrayer la maladie

En France, 54 000 nouveaux cas de cancer du sein sont découverts chaque année mais moins de 50% de femmes se prêtent aux mammographies préconisées. Ainsi pour mieux repérer la maladie en améliorant le dépistage, une étude européenne inédite, MyPeBS (My Personnal Breast Screening), a été lancée en août dernier en France. "On a des chances majeures que ça marche", se réjouit l'oncologue Suzette Delaloge, coordinatrice de MyPebs à Gustave-Roussy.

Pour mener à bien cette étude qui doit durer six ans, Suzette Delaloge recherche 20 000 femmes de 40 à 70 ans. L'idée est de démontrer qu’un dépistage personnalisé adapté aux risques individuels de chaque personne de développer un cancer dans les années qui viennent est mieux que le dépistage actuel. Le risque est évalué à partir des données personnelles, de l'histoire familiale, et d'un test génétique fait par un prélèvement salivaire.