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Eude de Plos One

E-cigarette : près d'1 fumeur sur 10 sevré au bout d'un an

Par Cécile Coumau

Grâce à la e-cigarette, 8,7% des fumeurs inclus dans une étude étaient en sevrage au bout d'un an. Des résultats "remarquables" selon les auteurs car ces fumeurs ne souhaitaient pas s'arrêter.

BEBERT BRUNO/SIPA

Les études sur la e-cigarette sont regardées de près, par les médecins comme par les pouvoirs publics. Et notamment pour répondre à une question cruciale : la cigarette électronique est-elle un outil de sevrage ? Une équipe de chercheurs italiens apporte un début de réponse à cette question. Pour leur étude, qui vient d’être publiée dans la revue scientifique Plos One, ils ont recruté 300 fumeurs qui n’avaient pas du tout l’intention d’arrêter leur consommation de tabac. Et ils leur ont proposé une cigarette électronique plus ou moins dosée en nicotine (7,2 mg par cartouche pour le premier groupe, 7,2 mg puis 5,4 mg pour le second et zéro pour le troisième).



Au bout d’un an, les niveaux de monoxyde de carbone exhalé étaient en nette baisse et 8,7% des participants avaient totalement arrêté de fumer. Ces chiffres peuvent sembler modestes dans la mesure où des taux similaires peuvent être atteints sans aide extérieure. Mais, si l’on considère que ces fumeurs ne voulaient pas en finir avec le tabac, ces résultats prennent un tout autre relief. Et les résultats étaient identiques quel que soit les groupes, avec ou sans nicotine. Pour les auteurs de cette étude, ces résultats sont « remarquables ». « A titre de comparaison, une étude portant sur la varénicline (le Champix, NDLR) avec des fumeurs motivés pour arrêter de fumer, un taux d’abstinence de 14,4% était atteint au bout d’un an. Avec des substituts nicotiniques tels que des patchs, le taux d’arrêt à 12 mois est, lui, de l’ordre 13 à 15%.

 


Bien sûr, cette seule étude ne permet pas de trancher le débat et de remettre en cause les mesures prises récemment par le gouvernement pour encadrer la vente de cigarettes électroniques. Le Parlement vient d’ailleurs d’adopter l’une de ses mesures, l’interdiction de vente aux mineurs. La ministre de la Santé s’est immédiatement « réjouit de la célérité avec laquelle le Parlement a décidé de légiférer. Et elle a rappelé que « les risques sanitaires qui sont liés à ce produit sont encore méconnus. Si rien ne permet une interdiction générale, ce produit n’est pas banal, notamment lorsqu’il contient de la nicotine. »