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Changement d'heure

Rester constamment à l’heure d’été serait mauvais pour la santé

Par Mégane Fleury

Selon un neurobiologiste, rester à l’heure d’été toute l'année pourrait perturber notre rythme biologique et favoriser certains problèmes de santé. 

nito100/iStock

La France passe à l’heure d’été dans quelques jours, et cela pourrait être l’une des dernières fois. La Commission européenne a décidé de mettre fin au changement d’heure en 2021. Chaque Etat membre doit choisir l’heure qu’il préfère, en France, les résultats sont tombés le 3 mars dernier : la population désire rester à l’heure d’été. Pour notre santé, il faudrait pourtant privilégier l’heure d’hiver, d’après un neurobiologiste interviewé sur le site de nos confrères de 20 minutes. 

Plus d’infarctus et d’accidents

Depuis 1998, l’Union européenne change d’heure deux fois par an, pour faire des économies d’énergie. Si le changement d’heure est aujourd’hui sur la brèche, c’est parce qu’il n’a pas permis de réduire significativement la consommation d’énergie, et provoque au contraire des troubles sur la santé. Une étude présentée par l’American College of Cardiology en 2016 montrait une hausse de 25% du risque d’infarctus le premier lundi après le changement d’heure. Le nombre d’accidents de la route serait aussi en augmentation, à cause de la diminution de la luminosité. 

L’heure d’hiver : plus proche de nos rythmes naturels 

Supprimer le changement d'heure pourrait être une solution... Si nous adoptons la bonne heure ! Interrogé par 20 Minutes, le neurobiologiste Claure Gonfrier, vice-président de la Société française de chronobiologie, explique que rester à l’heure d’été aurait des effets néfastes sur la santé. "L’heure idéale, d’un point de vue chronobiologique est l’heure solaire, précise le chercheur. Qui n’est déjà pas l’heure à laquelle on vit, puisque l’on vit à GMT + 1 [GMT correspondant à l’heure du soleil au méridien de Greenwich] et même à GMT + 2 l’été, soit deux heures plus tard que l’heure solaire. Cet horaire crée un jet-lag social de deux heures : nos horaires biologiques et nos horaires d’activités sont décalés". Rester à l'heure d'été implique que le soleil se couchera plus tard, or la lumière solaire nous maintient en phase d'éveil. À terme, cela risque de perturber nos cycles circadiens, l’alternance entre phase d’éveil et de sommeil

Le sommeil perturbé nuit à santé

"On observe depuis de nombreuses années que les populations situées les plus à l’ouest dans leur fuseau horaire, et qui sont donc les plus décalées par rapport à l’heure solaire, présentent le plus de troubles métaboliques, de troubles du sommeil, de troubles de la santé mentale, de cancers et de troubles des rythmes biologiques en général", souligne le Pr Claude Gonfrier. Les adolescents et les couche-tard/lève-tard seraient les plus exposés à ces problèmes. Pour les lève-tôt, le risque de dépression saisonnière plane : en restant à l’heure d’été, le soleil se lèvera à 10 heures pendant l’hiver. En attendant, le 31 mars prochain, il faudra encore avancer l’horloge d’une heure !