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Dépendance

Alcoolisme : les thérapies par internet, ça fonctionne !

Par Mégane Fleury

Des chercheurs néerlandais se sont intéressés à l’efficacité des thérapies sur internet pour les personnes alcooliques. Selon eux, elles peuvent être une première étape utile dans le traitement de la dépendance. 

Tero Vesalainen/iStock

La consommation d’alcool en France diminue régulièrement depuis 50 ans, mais l’alcoolisme reste une maladie répandue : environ 10 % des adultes ont des problèmes avec l’alcool. Peu de personnes atteintes consultent pour leur dépendance. Des scientifiques néerlandais se sont intéressés à l’utilité des thérapies en ligne dans ce genre de cas et ont constaté qu’elles permettent de réduire la consommation d’alcool et seraient bénéfiques pour la plupart des individus. Les résultats de cette recherche ont été publiés dans PLOS Medicine. 

Des thérapies similaires 

D’après Santé Publique France, la consommation d’alcool est dite à risque lorsqu’elle atteint ou dépasse 10 doses par semaine, sans dépasser 2 verres standard par jour. Quand une personne a des troubles de la consommation ou une consommation démesurée, plusieurs méthodes permettent de la soigner comme les interventions de courte durée sur la consommation d’alcool. Il s’agit d’une ou plusieurs sessions dans des établissements de santé où les personnes suivent des thérapies cognitives, apprennent des règles de "self-control", etc.

Elles ont été jugées efficaces mais sont encore peu répandues : peu de médecins les prescrivent et lorsqu’elles le sont, les patients sont nombreux à ne pas les suivre. A l’inverse, les thérapies en ligne sont plus susceptibles d’être suivies par les patients, car elles sont moins gênantes pour eux et moins sources de stigmates. Sur le principe, elles fonctionnent exactement comme les thérapies réalisées dans des établissements de santé. 

Une réduction de la consommation hebdomadaire 

Les chercheurs de l’université VU à Amsterdam ont analysé les données de 14 198 patients, qui ont participé à de précédentes études sur la dépendance à l’alcool. Ils ont constaté que les thérapies par internet étaient efficaces pour réduire la consommation d’alcool hebdomadaire de ces individus. En moyenne, elle est passée de 381 grammes d’éthanol à 329 grammes.

A la fin de la thérapie, ils étaient plus nombreux à parvenir à atteindre une consommation d’alcool à faible risque et à la tenir, en comparaison au groupe de contrôle. Les thérapies par internet sont efficaces quel que soit le type de patient : moyen, gros consommateur d’alcool ou buveur excessif occasionnel. Les personnes de plus de 55 ans étaient plus réceptives que les jeunes à ce type de suivi. Chez les hommes, la réduction de la consommation hebdomadaire était supérieure de 20 grammes, en comparaison aux femmes.

Pour les scientifiques, ce type de suivi médical peut être une première étape dans le traitement de la dépendance, dans certains cas, une thérapie "physique" peut être ensuite prescrite selon la gravité de l'addiction. D'après l'Organisation mondiale de la santé, 3,3 millions de personnes décèdent chaque année dans le monde à cause d'un usage nocif de l'alcool.