Publicité

QUESTION D'ACTU

Epidémie

Rougeole : l'épidémie poursuit sa progression et frappe l'Ile-de-France

En octobre, il y aurait eu 56 cas de rougeole en Ile-de-France, soit 15 fois plus que les mois précédents. Cette recrudescence de la maladie témoigne d'une insuffisance évidente de la couverture vaccinale. L'agence régionale de santé appelle à vacciner les enfants.

Rougeole : l'épidémie poursuit sa progression et frappe l'Ile-de-France deucee_ /iStock

  • Publié 10.11.2018 à 19h01
  • |
  • |
  • |
  • |


La menace qui monte. Depuis janvier 2018, l'Europe est confrontée à sa plus importante épidémie de rougeole en 10 ans : plus de 41 000 enfants et adultes ont contracté la maladie ces derniers mois sur le continent (37 en sont décédés), soit deux fois plus que sur l'ensemble de l'année 2017.

En Ile-de-France, l'Agence Régionale de Santé a observé 56 cas de rougeole au cours du seul mois d'octobre, alors qu'on en observait 3 à 4 par mois auparavant, une forte progression selon Aurélien Rousseau, le directeur général de l'agence au micro de France Bleu, d'autant que chaque malade peut contaminer entre 15 et 20 personnes.

Le foyer toucherait essentiellement la Seine-Saint-Denis et l'on n'a pas encore observé de décès, mais onze malades ont été hospitalisés, essentiellement des enfants de 4 ans dont les vaccinations n'étaient pas à jour. On n'a pas d'explication sur l'origine de ce foyer épidémique en dehors de l'insuffisance de la couverture vaccinale.

La couverture vaccinale n’est pas optimale

Il existe un seuil minimum de couverture vaccinale dans une population pour qu’une « protection de groupe » fonctionne et protège ceux qui ne peuvent pas être vaccinés (nouveau-nés, immunodéprimés…). Ce seuil dépend de la contagiosité de la maladie.

En France, avec une couverture vaccinale de près de 97 % pour la diphtérie, on dépasse le seuil de l’immunité de groupe et c’est donc toute la communauté nationale qui est protégée, y compris en cas d’infection apportée par un migrant. De la même façon, les infections à Haemophilus influenzae b de l’enfant, la rubéole ou les oreillons ont presque été éliminés dans le pays parce que les taux de couverture de leurs vaccins dépassent le seuil d’immunité de groupe pour ces 3 maladies.

En revanche, le niveau actuel de couverture vaccinale contre la rougeole (79 %) reste insuffisant pour permettre une immunité de groupe (seuil d’immunité de groupe = 95 %), et on assiste donc à des résurgences épidémiques de la maladie de grande ampleur : plus de 23 000 cas déclarés en France entre 2008 et 2012, plus de 1500 pneumonies graves et plus de 30 encéphalites avec 10 décès). C’est insupportable et c’est dangereux à l’heure où plus de 41 000 cas de rougeole sont observés en Europe.

Un schéma vaccinal en 2 étapes

Traditionnellement, le schéma vaccinal consiste en l’injection d’une dose de vaccin ROR (Rougeole, Oreillons, Rubéole) à 12 mois puis une deuxième injection entre 16 et 18 mois. Pour les personnes n’ayant jamais été vaccinées contre la rougeole, un rattrapage est possible. Il consiste en l’injection de deux doses de vaccin à au moins un mois d’intervalle. 

En cas d’épidémie, il est possible de recevoir le vaccin jusqu’à 72 heures après avoir été en contact avec une personne souffrant de la rougeole pour éviter la survenue de la maladie (vaccination de rattrapage). Le vaccin est extrêmement bien toléré et n'a que d'exceptionnelles contre-indications. Il n'en est pas de même de la rougeole.

Ce n'est pas une maladie bénigne de l'enfance

La rougeole est une maladie infectieuse due à un virus très contagieux qui touchait auparavant surtout les jeunes enfants à partir de 5–6 mois. Ce n’est plus le cas : un tiers des cas déclarés en France concerne des personnes de plus de 15 ans. Une personne malade peut en contaminer jusqu'à 20. La rougeole est 10 fois plus contagieuse que la grippe. Elle se transmet très facilement d’une personne à l’autre par l'air, lors de toux, éternuements, ou par contact avec des objets contaminés (jouets, mouchoirs…). 

Souvent considérée à tort comme bénigne, "la rougeole n’est pas qu’une maladie de l’enfance, elle concerne aussi les adolescents et les jeunes adultes et peut entraîner de graves complications (pneumonies, encéphalites...) et parfois des hospitalisations", voire la mort, expliquait récemment l'Agence Régionale de Santé d'Occitanie

23 000 cas en Ukraine

L'Ukraine est le pays le plus durement touché avec 23000 cas en 6 mois, suivie par la Serbie, la Russie, l’Italie, la Géorgie, la Grèce, ou encore la France. Selon Santé Publique France, "le nombre de cas de rougeole augmente de manière importante (en France, Ndlr) depuis novembre 2017. Cette situation est la conséquence d’une couverture vaccinale insuffisante chez les nourrissons (79% avec deux doses de vaccin au lieu des 95% nécessaires), les enfants et les jeunes adultes".

Plus précisément, 2741 cas ont été déclarés en France entre le 6 novembre 2017 et le moins d'août 2018, 22% d'entre eux ont été hospitalisés et trois décès sont survenus depuis janvier. En somme, contrairement aux idées reçues, la rougeole n'est ni une maladie éradiquée, ni une maladie infantile bénigne. Elle touche également les adultes, peut entraîner des complications pulmonaires ou neurologiques sérieuses, voire être fatale. 

La rougeole au niveau mondial 

La rougeole est encore une cause de décès importante chez les enfants en mauvais état sanitaire, mais l'OMS fait un travail colossal. Entre 2000 et 2005, plus de 300 millions d'enfants âgés de neuf mois à quinze ans ont été vaccinés ou revaccinés. En 2015, près de 77 % de la population mondiale était vaccinée, entraînant une réduction encore de la mortalité : moins de 345 000 décès cette année-là sur 20 millions de malades. 

En Europe, un plan d’élimination de la rougeole a été mis en place entre 2005 et 2010. On parle d'élimination quand aucune épidémie – même minime -  n’a lieu pendant un an ou plus. Il repose sur la vaccination, d'où la logique de l'obligation vaccinale en France depuis janvier 2018.

Ce sujet vous intéresse ? Venez en discuter sur notre forum !
Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

EN DIRECT

Publicité

LES MALADIES

J'AI MAL

Bras et mains Bras et mains Tête et cou Torse et haut du dos Jambes et pied

SYMPTÔMES

Publicité