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Tribunal de Nanterre

Le procès du Mediator s'ouvre dans la confusion

Par La rédaction

Le procès des laboratoires Servier pour tromperie aggravée dans l'affaire du Mediator s'ouvrira mardi. Avec un nombre de victimes encore revu à la hausse récemment, les débats s'annoncent tendus.

REVELLI-BEAUMONT/SIPA
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Le premier procès pénal des laboratoires Servier et de leur président-fondateur Jacques Servier pour « tromperie aggravée » dans l'affaire du Mediator va s'ouvrir ce mardi 21 mai à Nanterre dans un contexte incertain.

 

Saisi de citations directes, le tribunal correctionnel de Nanterre devra juger cette affaire alors même qu'une instruction est toujours en cours au Tribunal de grande instance de Paris. Face à cette situation inédite, la défense, qui avait obtenu le renvoi du procès en mai 2012, soulèvera mardi des questions de procédure et demandera soit l'annulation des citations directes, soit un complément d'information.

Les prévenus sont soupçonnés d'avoir délibérément dissimulé la véritable nature anorexigène du Mediator et, avec, elle les risques que le médicament faisait courir aux patients. Et comme en 2012, Jacques Servier, 91 ans, devrait être présent à l'audience qui sera présidée par Isabelle Prévost-Desprez. Avec plus de 700 parties civiles, le procès devrait se dérouler dans une ambiance tendue. En effet, les résultats d'une enquête récente ont encore revu à la hausse le nombre des victimes du Mediator.

Selon le rapport des experts judiciaires de l'affaire, entre 1300 et 1800 décès à long terme seraient en réalité imputables à une valvulopathie ayant pour cause le Mediator. Ces mêmes experts ont par ailleurs estimé entre 220 et 300 les décès par valvulopathies à court terme, c'est-à-dire les décès intervenus dans les deux ans et demi après le début de la prise du médicament. Enfin, ils ont évalué le nombre d'hospitalisations pour insuffisance valvuvaire entre 3100 et 4200. Pourtant, ce dernier rapport reste toujours incomplet et sûrement éloigné des chifffes réels des victimes du Mediator car « il n'existe aucune évaluation du nombre de décès dus à des hypertensions artérielles pulmonaires (HTAP), autre grave méfait possible dû au Mediator », ajoutent les experts.

Pour rappel, une étude, publiée en février 2012 par le journal spécialisé Pharmacoepidemiology & Drug Safety, estimait que le Mediator avait «probablement» causé 3 100 hospitalisations et au moins 1 300 morts par valvulopathie entre 1976 et 2009 en France.