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Xavier Bertrand veut inclure les homosexuels pour le don du sang

Le ministre de la Santé souhaite mettre fin à une mesure discriminante qui exclut les homosexuels du don du sang. A la clé, 26000 donneurs supplémentaires.

Xavier Bertrand veut inclure les homosexuels pour le don du sang DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 27.01.2012 à 14h58
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« La situation actuelle qui exclut les homosexuels du don du sang ne me donne pas satisfaction. Je souhaite agir sur ce sujet, qui me tient à cœur même si ce ne sera pas facile ». Lors de ses vœux à la presse, cette semaine, Xavier Bertrand s’est de nouveau prononcé en faveur de l’accès au don du sang pour les homosexuels. Une position qu’il affirme depuis 2004 lors de son premier passage au ministère de la Santé. La situation française est pourtant restée inchangée : depuis les années 80, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes sont exclus de façon permanente du don du sang.

 

Pourquoi cette exclusion ? Du côté de l’Etablissement français du sang qui organise la collecte, on avance des arguments chiffrés. Pendant les 12 jours qui suivent une infection par le VIH, aucun test ne permet de le détecter, c’est ce qu’on appelle la fenêtre silencieuse. Il faut donc tenter d’écarter du don du sang les personnes qui pourraient avoir été contaminées à leur insu et se trouver dans cette fenêtre silencieuse. Or, ce risque est 200 fois plus élevé parmi les homosexuels masculins que parmi les hétérosexuels. Pour les partisans du don du sang ouvert aux homosexuels, comme l'association Pourquoi sang priver, on stigmatise ainsi l’ensemble des homosexuels comme une population à risque au lieu de tenir compte des comportements de chacun.


Cyril Chevreau, président de l’association Pourquoi sang priver : « Ces études sont réalisées à la sortie des back-rooms, c’est comme réduire la sexualité des hétéros aux clubs échangistes »

 

Persister dans l’exclusion permanente des donneurs homosexuels pourrait se révéler contre-productif pour la sécurité du don. En effet, selon l’Institut de veille sanitaire, la moitié des 31 donneurs trouvés positifs au VIH entre 2006 et 2008 ont été contaminés par des rapports sexuels entre hommes. Difficile d’estimer dans quelle proportion mais la mesure actuelle d’exclusion permanente est visiblement détournée. La volonté de lutter contre une mesure jugée discriminante pour les homosexuels est l’une des motivations avancées par ces donneurs homos.


Pr Gilles Pialoux, service des maladies infectieuses et tropicales, hôpital Tenon, Paris : « Ça serait contre-productif de l’effet qu’on escompte … ça doit changer »

 

 

Certains de nos voisins européens ont déjà fait évoluer l’organisation du don du sang, pour se conformer à la législation européenne qui justifie l’exclusion des personnes présentant « un risque élevé de contracter de graves maladies infectieuses » en raison de leur « comportement sexuel » mais pas de leur « orientation sexuelle ». Ainsi en Espagne et en Italie, après un changement de partenaire, de même sexe ou non, le don du sang n’est pas possible pendant respectivement 4 et 6 mois.

De son côté, l'Association Pourquoi sang priver a fait le calcul: si les homosexuels étaient autorisés à donner dans les mêmes conditions que les hétérosexuels, l'Etablissement Français du sang pourrait compter sur 26 000 donneurs supplémentaires. " Pourquoi cracher dessus ?, s'interroge Cyril Chevreau, c'est de la surenchère au principe de précaution, ce n'est pas autre chose".

 

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