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Quand l'histoire se répète

Décès à Mulhouse : deux plaintes déposées contre le Samu pour non-assistance à personne en danger

Après l’affaire Naomie Musenga, deux plaintes viennent d’être déposées pour non-assistance à personne en danger auprès du parquet de Mulhouse (Haut-Rhin). Les témoignages de patients mal pris en charge par les urgences se multiplient.

Décès à Mulhouse : deux plaintes déposées contre le Samu pour non-assistance à personne en danger BZH22/istock

  • Publié 01.06.2018 à 11h05
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Les Samus alsaciens ne sont décidemment plus en odeur de sainteté. Après l’affaire Naomie Musenga, deux plaintes viennent d’être déposées pour non-assistance à personne en danger auprès du parquet de Mulhouse (Haut-Rhin), rapporte France Bleu Alsace jeudi 31 mai, confirmant une information des médias DNA et L'Alsace.

Deux mauvais diagnostics

C’est encore une fois un médecin régulateur qui est en cause. Il aurait fait deux mauvais diagnostics. Le 1er octobre dernier, Mohand Messara appelle le samu pour se plaindre d’une douleur à la cuisse. Son interlocuteur identifie une phlébite, lui incombe de ne pas bouger et l'oriente vers SOS Médecins. Sentant son état se dégrader, le patient se rend lui-même, à pied, jusqu’à une maison médicale. Trop tard : les médecins diagnostiquent bien une phlébite mais aussi une embolie pulmonaire grave. Le quinquagénaire meurt trois semaines plus tard.

En mai 2016, Christophe Musslin décroche son téléphone pour se plaindre de fortes douleurs à la poitrine. On lui conseille alors de prendre du paracétamol. Faisant fi des recommandations, le patient se rend à la clinique du Diaconat en voiture, où il a été immédiatement opéré. Et pour cause : il faisait un infarctus du myocarde, dont les séquelles l’obligeront à changer d’emploi. "Il faut que le système du Samu change. Et pour que le système change, il faut que les affaires sortent", a déclaré Christophe Musslin sur France info.

Les témoignages se multiplient

Depuis le décès de Noamie Musenga, cette jeune Strasbourgeoise morte en décembre 2017 après avoir été moquée par une opératrice du Samu, les témoignages de patients mal pris en charge par les urgences se multiplient. Thomas Veyret, 21 ans, raconte avoir du être amputé de sa jambe fracturée après une mauvaise gestion des secours. Les parents de la petite Lissana, 3 ans, relatent que les secours, en refusant de se déplacer, ont provoqué le décès de leur fille, contaminée par la grippe.

Face à cette succession de drames, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a demandé une "certification" des Samu. "Il y a aujourd’hui beaucoup d’affaires qui remontent : des affaires aux urgences, des affaires liées au Samu et des affaires liées à la prise en charge des pompiers, aussi soumis à la même pression et au même risque", a-t-elle déclaré à l'occasion d’une visite du centre de régulation du Samu du Val-de-Marne à Créteil.

Une meilleure formation des personnes qui répondent au téléphone

La ministre a estimé que ces affaires démontrent "qu’il y a une marge d’amélioration de leurs pratiques, notamment une harmonisation des procédures, une meilleure formation des personnes qui répondent au téléphone" et une "assurance qualité". Et de poursuivre : "Très peu de Samu ont une assurance qualité, or c’est une activité profondément à risque (…) donc elle doit être soumise à une forme d’accréditation, de certification" et "il faudra que ce soit très rapidement mis en place sur le territoire, dès cet été".

Le tribunal administratif de Lille a condamné mercredi 16 mai le service départementale d’incendie et de secours (SDIS) du Nord et l’hôpital de Roubaix à verser 300 000 euros à Christophe pour l’avoir mal diagnostiqué lors d’un accident vasculaire cérébral (AVC). L’homme, aujourd’hui âgé de 44 ans, est tétraplégique depuis le drame.

2000 à 3000 appels par jour

Une enquête pour "non-assistance à personne en péril" est en cours pour faire la lumière sur le décès de Naomi Musenga. Selon France inter, l’opératrice du SAMU qui n’a pas pris au sérieux les complaintes de Naomi Musenga est actuellement "effondrée" et "a pris conscience de la gravité de ce qu’elle a fait". La direction des hôpitaux de Strasbourg a décidé de la suspendre à titre conservatoire le temps de l’enquête.

Les syndicats ne nient pas la faute professionnelle de cette femme mais tiennent à préciser deux choses. D’abord, elle n’est pas la première à avoir traité la demande de Naomi. Ce sont les pompiers du Bas-Rhin qui ont pris l’appel en premier. Ils auraient déjà minimisé les plaintes de la jeune femme en parlant avec l’opératrice. Ensuite, la période des fêtes de fin d’année est une période particulièrement chargée pour les secours. Les syndicats parlent de 2000 à 3000 appels par jour.

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