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Stimulation cérébrale

Maladie de Parkinson, d'Alzheimer, boulimie, anorexie... les chirurgiens de l'âme

Par le Dr Jean-François Lemoine

La lumière viendra t’elle de l’électricité? La stimulation cérébrale profonde, après la maladie de Parkinson s’attaque à la dépression, l’anorexie mentale et la maladie d’Alzheimer.

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MOTS-CLÉS :

Cette chirurgie a longtemps senti le souffre. Elle n’est pas encore complétement débarrassée de ses vieux démons : à l’aide d’un bistouris, régler radicalement le problème de la maladie mentale. La Chine, la Russie et le Mexique sont encore soupçonnés de livrer quelques drogués sévères aux salles d’opération.

Née en France

La technique est  née en France à Grenoble, des mains du génial Professeur Alim Benabid. La médecine sait de mieux en mieux identifier  les zones responsables des maladies du cerveau. Par exemple dans la maladie de Parkinson, les cellules nerveuses qui provoquent  les mouvements anarchiques qui caractérisent cette maladie. Le Pr Benabid a eu  l’idée, plutôt que de détruire, d’aller annuler les effets néfastes de ces cellules en leur infligeant une stimulation électrique au cœur même du cerveau. Grâce à des techniques d’intervention sous surveillance radiographique constante, avec une minutie extrême, on implante deux électrodes de façon très précise exactement là d’où part le mal. Les deux électrodes sont ensuite reliées à une pile électrique que l’on loge  sous la peau, à la base du cou. Les connexions réalisées, il n’y a plus qu’à régler la puissance de la stimulation pour voir les tremblements du parkinsonien disparaître. Et ça marche ! Des milliers de malades bénéficient de cette technique.

TOCS, dépression...

D’autres équipes de neurologie de par le monde l’ont empruntée pour  s’intéresser à d’autres maladies, comme les TOCS, les troubles obsessionnels qui  font le bonheur des émissions de télévision qui aiment les maladies spectaculaires. Les perspectives sont immenses : il n’est pas question de changer l’humeur des gens mais tout simplement de soulager des malades souffrant de troubles psychiatriques graves pour lesquels la vie est quasiment impossible. Les tentatives, se multiplient dans des domaines aussi différents que l’anorexie mentale ou l’obésité importante. C’est lors de la stimulation électrique d’un de ces malades qu’un effet, étonnant  et surtout inattendu, sur la récupération de la mémoire est apparu. D’ou quelques tentatives en cours dans la maladie d’Alzheimer, pour laquelle, rappelons le, on ne connaît pas de traitement. La technique, difficile à réaliser et  nécessitant de longues heures de bloc, possède l’avantage d’être réversible – il suffit d’enlever la pile qui alimente la stimulation – et dans certains cas modulable par le patient lui même.

Vigilance

Le comité d’éthique doit cependant rester vigilant en particulier devant l’envie, après l’homme « réparé » de donner naissance à l’homme « augmenté », c’est-à-dire non malade mais chez qui, grâce à la stimulation, on pourrait considérablement améliorer les capacités intellectuelles normales. Toutefois  les nanoelectrodes, plus fines qu’un cheveu,  puis  la fusion de l’électronique cérébrale avec la génétique, ce que l’on appelle l’optogénétique vont bientôt permettre de stimuler des neurones génétiquement modifiés par l’intermédiaire d’une fibre optique implantée dans le cerveau. Mais il faut aussi imaginer ce que les dictateurs meurtriers du XXème siècle auraient fait du monde s’ils avaient disposés de telles techniques ! Quand enthousiasme doit rimer avec prudence

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