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Encore un fait divers aux urgences...

Victime d’un AVC, un Nîmois attends 8 heures aux urgences, avant de décider de rentrer chez lui.

Par La rédaction

Alors que prescrit en moins de 3 heures, un traitement sauve plus de 90% des AVC, un Nîmois,  hospitalisé en urgence parce qu’il présentait tous les symptômes de cet accident, attends 8 heures sans soins aux urgence… et rentre chez lui !

mrspopman
MOTS-CLÉS :

 

Le traitement de l’AVC est la course contre la montre la plus passionnante et la plus utile de la médecine d’urgence. La technique est au point… pas les urgences.

L’histoire de Jean-Louis fait sourire. Elle aurait pu pourtant être tragique. La direction de l’hôpital confirme les faits, ce qui accentue encore plus l’état de désarroi qui est en train de saisir les urgences en France.

Une histoire assez banale d’accident vasculaire cérébral.

Qui commence de façon plutôt idéale, après la découverte de Jean-Louis, effondré sans force au sol, puisque sa femme appelle immédiatement le 15. Le malade arrive très vite à l’hôpital ; il a récupéré mais, là aussi, décision très professionnelle, il rentre aux urgences du CHU parce que le médecin, qui lui a pris la tension, sait parfaitement que la récidive des signes d’AVC est fréquente et parfois massive.

Une vérification s’impose ; et si’ l’on en croit le protocole, la plus rapide possible.

La prise en charge d'un AVC dans un centre d’urgence spécialisé est associé à une réduction de la mortalité de 2,5%.  Ce qui, ramené à l’échelle de notre pays, représente 3000 vies sauvées chaque année.

Toutes les 4 minutes

Il y a en France, un accident vasculaire cérébral toute les 4 minutes, dont 20% avant l’âge de 50 ans. Passé les décès dans les jours qui suivent, cet accident est aussi la première cause de handicap grave dans notre pays. Longtemps considérée comme une fatalité, l’AVC fait aujourd’hui l’objet de progrès comme nul part ailleurs en médecine

L’AVC est une lutte permanente contre la montre et pour la recherche de crédits ! Le professeur Pierre Amarenco, de l’hôpital Bichat à Paris , est le spécialiste des informations qui sont de véritables coup de tonnerre sur la Neurologie : si le protocole qu’utilise depuis des années ce neurologue mondialement connu était appliqué en moins de trois heures trente après les premiers symptômes,  ce sont 93% des accidents qui guériraient  sans séquelles. Le double des meilleurs résultats des autres centres. Malheureusement, dans la vraie vie, en France, moins de 2 % des AVC arrivent entre les mains d’un spécialiste dans ce délai. Et le professeur Amarenco ajoute : « chaque tranche de 30 minutes supplémentaires perdues, ce sont   20% de chances de guérison en moins » !

Nuit de galère

Jean-Louis, arrivé aux urgences à 21 heure commence ce qu’il appelle une nuit de « galère », témoin impuissant du débordement des urgences la nuit. On ne lui propose rien… Alors lassé, il rentre chez lui, bien évidemment contre l’avis médical. Il est bien décidé à porter plainte…Probablement sans beaucoup d’espoir car ces histoires sont devenues monnaie courante.Les urgences, un des secteurs les moins riches de l’hôpital, surtout en personnel, reste les urgences. Or aux urgences, par définition on accepte tous les malades. Un accidenté, un délirant ou un AVC ne demandent pas les mêmes compétences. D’où le recours, de plus en plus souhaité, à des unités d’urgence spécialisées, d’autant qu’envoyé par le Samu ou le médecin généraliste, le diagnostic est souvent fait dans l’ambulance.  De telles unités sont déjà la règle pour les infarctus  du myocarde; cela doit le devenir pour les AVC ; C’est le prix à payer pour appliquer en moins de deux heures le protocole mis au point par le professeur Amarenco : Scanner en urgence pour confirmer le diagnostic, injection intra veineuse d’un produit susceptible de dissoudre le caillot qui bloque la circulation dans une partie  du cerveau ; puis grâce à la remontée d’une sonde à partir d’une artère du bras, sous contrôle radio, terminer le « débouchage » in situ, à l’endroit de l’obstacle ; Un heure et demi maximum  pour rejoindre l’unité spécialisée ;  Deux heures de soins intensifs pour réaliser ce programme et  au bout, le doublement des taux de guérison sans séquelles.

Créer des centres spécialisés

La France à été pionnière avec la création du premier centre à Paris en 1980. Mais ce n’est malheureusement pas le cas pour la généralisation. Gagner du temps pour supprimer les séquelles et utiliser les urgences spécialisées pour avoir moins de morts ; En France les économies de santé sont souvent faites avec précipitation et surtout sans intégrer tous les paramètres au long cours ; Ces centres représentent un investissement lourd mais très rentable car le coût d’un l’AVC sauvé mais invalide est incroyablement élevé. Quant au prix d’une vie sauvée… Il est  indécent de le  chiffrer.