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Maladies cardiovasculaires

Hypertension artérielle : remise en question des objectifs

Par Mégane Fleury

Une étude américaine remet en question les objectifs du traitement de l’hypertension artérielle. Elle recommande des objectifs plus élevés que ceux des recommandations.

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A partir de quel stade faut-il traiter l’hypertension artérielle? Les études sur le sujet divergent. Les résultats d’une analyse, publiée dans le Journal of American Medical Association, indiquent que traiter les pressions artérielles systoliques supérieures à 140 mm Hg permet de réduire significativement le risque de décès et de maladies cardiovasculaires.

Aux niveaux de pression artérielle inférieurs à 140/80, le traitement n’apporte aucun bénéfice en prévention, mais protègerait peut-être les personnes souffrant d’une maladie coronarienne. Ce travail remet en question les objectifs communément admis ainsi que les dernières recommandations américaines.

Très large analyse

Plus de 300.000 personnes et 74 études ont été pris en compte dans l’analyse publiée dans le JAMA. Les résultats montrent que pour une pression artérielle systolique de 160 mm Hg ou plus, le traitement réduit le risque de mort et de maladie cardiovasculaire. Entre 140 et 159 mm Hg, le risque de mort est réduit dans les mêmes proportions mais la réduction des accidents cardiovasculaires est moins importante. Lorsque la pression artérielle systolique est sous 140 mm Hg, le traitement n’a d’effet, ni sur la baisse de la mortalité, ni sur la diminution des accidents cardiovasculaires.

Aux Etats-Unis, une baisse des objectifs

Paradoxalement, aux Etats-Unis, les seuils ont été encore baissés dans les dernières recommandations. L’objectif est passé de 140/90mm Hg à 130/80mm Hg, en accord avec les résultats de l’étude SPRINT. Ce qui augmente le nombre de personnes considérées en hypertension (+ 31,1 millions de personnes).

Une pression artérielle élevée est le principal facteur de risque de mort par maladie cardiovasculaire.