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Plan 2013-2017

Autisme: des classes spécialisées en maternelle

Par Bruno Martrette

La ministre en charge des personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, présente son plan contre l'autisme. Parmi, les mesures phares, la création de classes spécialisées pour les autistes en maternelle.

Trent Nelson/AP/SIPA

« Pendant trop longtemps en France, les parents d'enfants autistes ont été laissés à l'abandon. Cela a engendré un désespoir immense. Il est temps que cette situation de non-assistance se termine ». Voilà les propos tenus par la ministre déléguée aux Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti dans une interview accordée au Figaro ce 2 avril 2013, jour de la présentation de son plan contre l’autisme.

Un plan autisme 2013-17 qui va mettre l'accent sur l'application des recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) pour une prise en charge éducative et comportementale des personnes autistes, a annoncé le ministère. « L'objectif du plan est de faire en sorte que les recommandations de la Haute Autorité de santé soient appliquées sur tout le territoire, pour que toutes les familles aient accès aux méthodes modernes », a tenu à préciser la ministre.

 

Parmi ces recommandations, la HAS préconisait notamment la mise en place d’un projet personnalisé d'interventions précoces, globales et coordonnées et avait estimé que les approches psychanalytiques et la psychothérapie institutionnelle constituaient des « interventions globales non consensuelles ».

Le plan viserait donc surtout à « remodeler l'ensemble de la prise en charge des enfants autistes: repérage dès l'âge de 18 mois, diagnostic, éducation renforcée et aide à la scolarisation ». « Nous créerons en maternelle des classes spécialisées pour les accueillir », a indiqué la ministre. Et pour améliorer la détection des enfants autistes dès l'expression des premiers signes d'alerte, « un vaste programme de formation des personnels de la petite enfance (puéricultrices, assistantes maternelles, médecins, éducateurs, enseignants...) va être mis sur pied et des informations sur l'autisme seront introduites dans les carnets de santé ». Un diagnostic qui n'intervient pour l'heure qu'à l'âge de 6 ans en moyenne.

La ministre annonce aussi la création d'un « grand portail Internet dédié à l'autisme où seront présentées les connaissances, mises à jour en fonction des avancées de la recherche, mais aussi le suivi du plan et l'offre de prise en charge ». Enfin, la création de centres de répit, qui sont au nombre de 40 aujourd'hui, sera poursuivie. Des centre qui permettent aux familles et aux enfants autistes de participer à des activités récréatives et de loisirs adaptées à leurs besoins. La ministre déléguée souligne aussi que les associations et les personnes autistes seront étroitement associées au suivi du plan par le biais du Comité national de l'autisme.

 

Il a fallu attendre la fin des années 70 pour tailler en pièce la théorie psychanalytique selon laquelle l’autisme était directement lié au comportement maternel. Plusieurs travaux menés dans le monde ont confirmé la composante génétique de la maladie. Une centaine de gènes ont été mis en cause. L’IRM fonctionnelle a mis en évidence des anomalies précoces du fonctionnement d’une partie du cerveau de l’enfant autiste : le sillon temporal supérieur.  Malgré ces découvertes et cette évolution conceptuelle majeure, la France reste aujourd’hui encore l’un des derniers bastions psychanalytiques dans le domaine de l’autisme. Pourtant, environ 100 000 jeunes de moins de 20 ans seraient concernés par l’autisme en France.