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QUESTION D'ACTU

Infection bactérienne

Tatouage : un Mexicain décède pour s'être baigné trop tôt

Un homme de 31 ans est mort d'une septicémie. Il n'avait attendu que 5 jours après s'être fait tatouer pour se baigner en mer.

Tatouage : un Mexicain décède pour s'être baigné trop tôt Micael Faccio/Flickr

  • Publié 06.06.2017 à 11h40
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Son impatience lui aura été fatale. Un Mexicain de 31 ans est mort deux mois après une baignade dans les eaux du Golfe du Mexique. Tatoué à la jambe, il n’a pas attendu le délai recommandé. Une bactérie en a profité pour élire domicile dans sa jambe, rapportent ses médecins dans le BMJ Case Reports.

C’est un tatouage d’ampleur qu’avait choisi la victime. Sur sa jambe gauche, un crucifix s’étend, assorti du message « Jesus is my life ». Une telle pièce, c’est avant tout une plaie qui doit cicatriser. En effet, l’encre est injectée sous la peau du client.

Un choc septique rapide

Il est donc recommandé de patienter, au minimum, trois semaines avant de profiter d’une piscine ou d'une baignade en mer. Au cours de ce délai, la peau guérit. Mais le Mexicain pris en charge à l’université du Texas (Etats-Unis) n’a pas respecté cette durée.

Cinq jours après s’être fait tatouer, l’homme se baigne dans le Golfe du Mexique, côté texan. Dans les jours qui suivent, sa jambe gauche rougit et le fait souffrir. Les signes habituels d’une infection se manifestent : tremblements, fièvre, douleur.

Son état se dégrade rapidement et la peau autour du tatouage semble rongée par un élément invisible. L’homme est hospitalisé d’urgence et placé sous traitement antibiotique agressif. Rien n’y fait, sa santé continue de s’aggraver. Il développe une gangrène. Son sang est infecté.

80 000 cas par an

« Il était déjà aux premiers stades du choc septique et ses reins étaient attaqués, explique le Dr Nicholas Hendren à CNN. Très rapidement, en 12 heures environ, le choc septique a atteint un stade avancé, ce qui est classique avec ce type d’infection. »

Les médecins finissent par identifier le coupable : une bactérie présente naturellement dans l’océan, Vibrio vulnificus. Elle est bien connue des équipes médicales. Les consommateurs d’huîtres de la région en sont régulièrement victimes. Selon les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), 80 000 cas sont diagnostiqués chaque année, et 100 sont mortels.

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Une population à risque

Mais chez ce patient, le traitement ne suffit pas. Une amputation pourrait ralentir la progression de la bactérie. Mais le Mexicain est un gros consommateur d’alcool. Chaque jour, il ingère 6 canettes de bière, ce qui a affecté son foie. Les médecins craignent que l’ablation n’améliore pas son état. Ils le placent dans le coma. Deux mois après son entrée aux urgences, l’homme décède.

Le drame doit servir de leçon, aux yeux de l’équipe qui a pris en charge ce patient. Selon les praticiens, une maladie chronique du foie, liée à l’alcool, favorise une forme grave d’infection par Vibrio vulnificus. De fait, les maladies du foie figurent parmi les facteurs de risque. Ils invitent donc les soignants de la région à se montrer particulièrement attentifs vis-à-vis des gros consommateurs d’alcool.

 

Regardez l'émission "Tatouage, détatouage : ce qu'il faut savoir avant de se décider" 
avec le Dr Catherine de Goursac, médecin esthétique à Paris.

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