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Liberia : une survivante d'Ebola décède

Par Philippe Berrebi

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En novembre 2014, le visage de Salome Karwah s’affiche à la Une de Time. Si cette jeune Libérienne est choisie par le célèbre magazine américain comme personnalité de l'année, c’est qu’elle était devenue le symbole de la souffrance et du combat des peuples contre Ebola. Entre 2014 et 2015, plus de 29 000 personnes ont été infectées en Afrique de l’Ouest, dont un tiers sont mortes.
Frappée elle aussi par le virus, Salome Karwah avait survécu et s’était mise au service des autres malades. Au sein de Médecins sans frontières (MSF), elle aidait les personnes qui souffraient des effets psychologiques de la maladie.

Mais la belle histoire a une triste fin. La jeune femme est morte après avoir donné naissance à son quatrième enfant, a-t-on appris ce week-end par l’AFP. Après avoir eu raison du virus, elle a été victime de la stigmatisation, selon son mari. « Mon épouse est morte parce qu'elle n'a pas reçu les soins nécessaires de la part des infirmières et des médecins. La raison, je crois, c'est qu'elle était une survivante d'Ebola », confie-t-il à l’Agence France-Presse.

C’était il y a trois semaines. Salome Karwah accouche par césarienne à l’hôpital de Monrovia. Mais les infirmières refusent de la toucher. Après un bref retour à domicile, elle est de nouveau hospitalisée pour des complications. Cette fois, c’est le médecin qui refuse de la prendre en charge. Il conseille à son mari de se rendre dans une pharmacie pour acheter une « piqûre ». Introuvable.
La maman décède quelques jours plus tard. « Elle a sauvé des vies, elle a aidé des bébés qui avaient Ebola à aller mieux. Elle n'a pas mérité ce genre de traitement », se lamente son mari en tenant le bébé en bonne santé dans ses bras.

La « survivante d’Ebola » était la seule rescapée de sa première famille. Ses parents, son frère, des tantes, des oncles, des cousins et une nièce ont tous été fauchés par le virus.