Publicité

QUESTION D'ACTU

590 000 curistes

Les cures thermales affichent une belle santé

La cure thermale a du succès. 590 000 curistes se sont rendus dans un établissement adapté en 2016. Les bénéfices, eux, restent flous.

Les cures thermales affichent une belle santé Thermes de Saint Gervais les Bains (thierry llansades/Flickr)

  • Publié 22.01.2017 à 12h36
  • |
  • |
  • |
  • |


La cure thermale, une médecine du passé ? Pas  du tout si l'on en croit les chiffres avancés par le Conseil national des établissements thermaux (CNETh). Près de      590 000 Français ont bénéficié d’une cure en 2016, révèle le syndicat à l’occasion du salon des Thermalies, qui se tient Porte de Versailles (Paris) du 19 au 22 janvier. C’est  4 % de plus que l’année précédente. Ce regain de popularité est indéniable, mais est-il justifié ? Pourquoidocteur pèse le pour et le contre.

12 indications reconnues

Depuis 2010, le secteur du thermalisme a progressé de 18 %. Mais cette estimation globale est contrastée par un rapport du Sénat daté de juin 2016. Ses auteurs reconnaissent un rebond de la fréquentation. Avec une modération de taille. Cette reprise n’est « pas particulièrement dynamique et reflète davantage la démographie et l’augmentation de la classe d’âge 60-74 ans ». De fait, la moyenne d’âge des curistes s’établit autour de 63 ans. L’immense majorité des patients sont d’ailleurs retraités.

Ces milliers de curistes n’ont pas à avancer la totalité des frais liés à leur séjour. L’Assurance maladie accepte de prendre en charge une partie des dépenses, mais à de strictes conditions. 12 indications sont reconnues, la plupart des cas en rhumatologie. Un accord préalable doit être signé et la cure ne doit pas dépasser 3 semaines. Un cadre qui suppose une efficacité de la cure.

Des preuves plutôt tièdes

Mais un premier point de désaccord émerge : la Haute Autorité de Santé (HAS) ne reconnaît pas le thermalisme dans les pathologies indiquées. Les preuves sont insuffisantes. Tout juste concède-t-elle une utilité possible dans la polyarthrite rhumatoïde. Rien de bien concluant donc.

Longtemps, la cure thermale n’a pas eu à apporter la preuve de ses bénéfices. Les établissements s’y sont engagés en 2003, dans la convention conclue avec la Sécu. Ils doivent apporter la preuve d’un bénéfice médical rendu s’ils veulent être remboursés. Message reçu : le rapport du Sénat évoque 113 pré-projets adressés au CNETh et 8 études publiées dans la littérature internationale. Dans le même temps, le contrôle sanitaire s’est renforcé. A défaut de prouver leurs bénéfices, les eaux minérales ne feront donc pas de mal.


Reste donc une question majeure, celle du coût. Car la cure thermale coûte cher. Chaque année, elle représente une charge de 285 millions d’euros pour l’Assurance maladie. La somme peut sembler colossale. Mais le CNETh le rappelle régulièrement, cela représente 0,15 % du budget annuel de la Sécu. De fait, le reste à charge est non négligeable. En moyenne, les patients doivent débourser plus de 1 000 euros pour une cure. La participation des complémentaires est pour le moins variable. Une injustice que les sénateurs proposent de corriger, par le biais d’une intégration du thermalisme dans le panier de soins minimal.

Un rapport coût-efficacité modeste

Mais le cœur du problème se situe au niveau du rapport coût-efficacité de la cure thermale. Les établissements citent plusieurs études qui montrent une réduction de la consommation de médicaments et des jours d’hospitalisation. Le Sénat se montre plus mesuré vis-à-vis de ces résultats.

« La comparaison avec les médicaments semble peu opérante, dans la mesure où les molécules peuvent avoir d’importants effets nocifs ou secondaires alors que les contre-indications pour les cures thermales sont peu nombreuses et bien identifiées », soulignent les rapporteurs.

Sans compter que la différence est mineure. La cohorte Ecotherm, lancée dans cet objectif précis, livre des conclusions modestes. Par rapport aux non-curistes, les patients ont vu leurs dépenses réduire de 21 euros en moyenne sur deux semestres. L’effet est plus marqué chez les patients atteints d’arthrose.

Ce sujet vous intéresse ? Venez en discuter sur notre forum !

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

EN DIRECT

Publicité

LES MALADIES

J'AI MAL

Bras et mains Bras et mains Tête et cou Torse et haut du dos Jambes et pied

SYMPTÔMES

Publicité