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QUESTION D'ACTU

Reste à charge

Thermalisme : un coût élevé pour les patients

Thermalisme : un coût élevé pour les patients DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 31.10.2014 à 00h00
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ENQUÊTE – Le thermalisme est un secteur rentable pour les stations, dont le chiffre d'affaire global est de 900 millions d'euros. Mais les patients pâtissent d'un reste à charge élevé : en moyenne, ils déboursent 500 euros pour 18 jours de cure.

La cure thermale coûte cher. Le tarif moyen s'élève à 1 500 euros pour 18 jours, dont 500 restent à la charge du patient. Un séjour onéreux, qui n'empêche pas 550 000 personnes de s'y presser tous les ans. « Cela coûte cher, mais cela doit être perçu comme un investissement », estime le Dr Laurent Grange, rhumatologue et président de l’Association Française de Lutte Antirhumatismale (AFLAR).

Abaisser le remboursement

D’après le Conseil national des établissements thermaux (CNETh), le thermalisme représente 100 000 emplois et génère 900 00 millions d’euros de chiffre d'affaires annuel. Mais qu’en est-il pour les patients et l’Assurance maladie qui paient ces cures ? Les remboursements de la Sécurité sociale ne représentent que 25 % du profit dégagé par l’activité thermale, souligne le CNETh. Mais pour le député Yves Bur, rapporteur du budget de la Sécurité sociale en 2008, le taux de remboursement par la collectivité aurait dû être abaissé de 65 à 35 %.

« A l’époque, aucune des études menées en France n’avait été publiée, rappelle le Pr Christian-François Roques, président du Comité scientifique de l’Association Française pour la Recherche Thermale. L’AFRETH s’est mise en place en octobre 2004. Mettre en place une étude est un processus long. Quand ça va très vite, cela prend 4 ans. »

Mais les critiques concernant le coût des cures thermales se sont multipliées. En 2008, la Commission de comptes de la Sécurité sociale édite un rapport dans lequel elle souligne notamment l’hétérogénéité des pratiques et le manque de visibilité sur l’impact économique du thermalisme.

Diminutions des soins

Plus récemment, Yves Daudigny – commissionné par le Sénat – a suggéré que les dépenses liées aux cures thermales évoluent, et qu’elles passent d’obligatoires à facultatives. Les Caisses Primaires d'Assurance Maladie auraient ainsi le choix de rembourser ou non les demandes soumises par les patients. Il rappelle dans son rapport que les frais de déplacement et de séjour représentaient, en 2011, une dépense de 8,8 millions d’euros.

Pour l’Assurance maladie rembourser le thermalisme serait rentable. Du moins si l'on en croît l'étude d'impact ECOTHERM, financée par l’AFRETH. Menée sur 10 540 patients de 49 ans et plus atteints d’arthrose, elle a livré ses résultats préliminaires en 2015. La cure permettrait une réduction de 10 % des dépenses de santé, soit 185,53 €. L’impact s’observe surtout sur les soins en kinésithérapie et les consultations de médecin spécialiste (rhumatologue, neurologue…), mais aussi sur la consommation de médicaments elle-même. Autant d'actes remboursés par la Sécurité sociale. Mais le montant de ces économies n'excède pas le montant remboursé, de l'ordre de 500 euros.

Des patients inégaux

Les cures thermales représentent une petite part du budget de l’Assurance Maladie. Elles ne représentent que 0,15 % des dépenses. Ce sont les patients qui pâtissent le plus du coût. Plus d’un tiers des frais liés à la cure reste à la charge du patient. Or presque un curiste sur sept a un niveau de revenu faible. Des aides ponctuelles sont possibles, mais pour beaucoup des patients, le thermalisme reste inaccessible. « Pour les patients qui ont une petite retraite, la difficulté est certaine », confirme le Dr Laurent Grange. Ce président d'une association de patients, suggère que les mutuelles s’investissent davantage dans ce marché porteur. Une proposition également portée par le livre blanc de l’AFLAR.

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Une prise en charge partielle par l’Assurance Maladie

Depuis 1947, l’Assurance Maladie rembourse une partie des soins thermaux. Une convention lie les Caisses Primaires (CPAM) et les établissements thermaux regroupés en syndicat depuis 1997. Elle a permis la fin de l’entente préalable et une harmonisation des tarifs et des soins. 12 indications officielles sont retenues : affections des muqueuses bucco-linguales, digestives, psychosomatiques, urinaires, des voies respiratoires, dermatologie, gynécologie, maladies cardio-artérielles, neurologie, phlébologie, rhumatologie, et troubles de développement de l’enfant.

Afin d’être éligible au remboursement, la cure doit durer 18 jours. Quant aux soins, le montant de leur prise en charge varie selon plusieurs critères. Dans le cas d’une affection de longue durée (ALD), elle s’élève à 100 % - hormis pour les soins de confort. Un patient ne correspondant pas à ce paramètre devra avancer des frais. La Sécurité sociale accepte de prendre en charge 65 % d’un forfait thermal. Les frais de transport et d’hébergement sont aussi inclus mais de manière marginale : 90 euros sont acceptés pour le transport et 97,50 euros pour 18 jours de logement.

A raison de 1 500 euros en moyenne par séjour, le reste à charge est donc considérable pour le curisteCertains contrats de complémentaire santé proposent une prise en charge, sous forme de forfait dont le montant est variable. Cette option est de plus en plus réservée aux contrats haut de gamme ou destinés au senior.

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