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Stratégie prime-boost

Sida : 5 000 volontaires testent un vaccin en Afrique du Sud

Par Audrey Vaugrente

L’Afrique du Sud entre en guerre contre le VIH. Le 3 novembre, un essai clinique a été lancé. Il teste un vaccin destiné à prévenir les infections dès le départ.

Schalk van Zuydam/AP/SIPA

La première injection a eu lieu le 3 novembre à Soweto. Dans ce grand township d’Afrique du Sud se tient un essai clinique d’ampleur, comme ailleurs dans le pays. Une quinzaine de centres médicaux expérimentent un vaccin préventif contre le VIH. La perspective a visiblement rencontré un réel succès : plus 5 000 Sud-africains se sont portés volontaires, annonce la chaîne nationale eNCA. Les résultats sont prévus pour la fin de l’année 2020.

Cet essai clinique, enregistré sous le code HVTN 702, est très attendu depuis 2009. A cette date, un premier vaccin a été évalué en Thaïlande. Il a permis une réduction de 30 % du nombre de contaminations sur 3 ans et demi. Insuffisant pour une mise sur le marché, mais assez concluant pour poursuivre les travaux.
Une composition légèrement différente sera testée en Afrique du Sud. Elle cible le sous-type C du VIH, qui circule majoritairement dans le pays. « C’est un jalon important dans le domaine de la prévention du VIH, dans le monde entier », s’est félicitée sur eNCA Linda-Gail Bekker, directrice adjointe de la fondation Desmond-Tutu contre le VIH. L’organisme participe de manière active aux travaux.

330 000 infections par an

Entre la première et la dernière injection, un intervalle d’un an sera nécessaire. Au total, les volontaires recevront 5 doses. Suivra une période de trois ans durant laquelle les participants seront étroitement surveillés. Cela permettra d’évaluer l’efficacité du vaccin, qui suit la stratégie « prime boost ». Elle consiste à administrer une molécule qui réveille le VIH, puis un second produit qui booste la réponse immunitaire face à celui-ci. Une approche qui peut s’avérer précieuse lors d’une contamination, alors que le virus n’a pas infecté un grand nombre de cellules hôtes.

Cette preuve ne saurait être obtenue sans comparaison. C’est pourquoi les chercheurs vont séparer les patients en deux groupes. Le premier recevra le vaccin complet, le second un placebo. Les centres investigateurs ne seront pas informés de cette répartition.

Au cours du suivi, les volontaires seront invités à respecter les règles habituelles de prévention. Mais le port du préservatif est tout sauf un réflexe en Afrique du Sud. Chaque année, 330 000 nouvelles infections sont dénombrées dans le pays. « Un vaccin contre le VIH sûr et efficace pourrait aider à une fin durable de la pandémie de VIH et de Sida, confirme Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) qui finance en partie l’étude. Il est particulièrement nécessaire en Afrique du Sud, où le VIH est omniprésent plus qu’ailleurs dans le monde. »