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En quoi consiste la réadaptation cardiaque ?

Par Afsané Sabouhi

L’infarctus frappe 100 000 Français chaque année. Heureusement, la prise en charge de cette urgence cardiaque a énormément progressé avec le développement d’unités de soins intensifs cardiologiques et le perfectionnement des techniques de pontage et de pose de stents. Le taux de mortalité n’est plus que de 4% contre 13% en 1995. L’immense majorité des patients peut donc reprendre sa vie quotidienne, familiale et professionnelle après avoir subi un infarctus. Pour leur permettre d’adapter au mieux leur vie à leur nouvelle condition de malade chronique et éviter la récidive de l’infarctus, ils peuvent bénéficier d’un programme de réadaptation cardiaque, en hospitalisation complète ou en hôpital de jour.

Réentrainement physique
Après la phase de soins parfois chirurgicaux qui impose l’allitement, le patient est très vite encouragé à reprendre une activité physique. L’un des objectifs principaux de la réadaptation cardiaque est d'atteindre une capacité permettant la plupart des efforts de la vie courante sans gêne. On parle de reconditionnement à l’effort. Sous la surveillance d’un cardiologue, les patients renouent donc progressivement avec la musculation, la gym au sol, le vélo… Les activités sont adaptées en fonction de l'âge du patient, de sa capacité fonctionnelle antérieure et de sa pathologie cardiaque. La poursuite d’une activité physique régulière une fois la fin de la réadaptation (3 semaines environ) est indispensable.

Education thérapeutique
Plusieurs ateliers permettent aux patients de mieux comprendre sa maladie, son traitement et de connaître les signes d’alerte d’une éventuelle récidive. Pour limiter les facteurs de risque, les patients se voient aussi proposer de l’éducation nutritionnelle pour pouvoir reconnaître les aliments riches en sel, sucre et gras dont ils doivent limiter la consommation et une aide au sevrage tabagique. Toutes les questions pratiques du retour à la vie quotidienne avec une maladie cardiaque sont également abordées : reprise de la sexualité, conduite automobile, voyages en avion…

Prise en charge psycho-sociale
« La présence d’un psychologue dans les équipes de réadaptation cardiovasculaire est hautement souhaitable », selon les recommandations de la Société française de cardiologie. Le post-infarctus s’accompagne souvent d’affects négatifs (anxiété, humeur dépressive, stress) qui doivent être détectés et pris en charge pour permettre au patient une réinsertion sociale et professionnelle la plus complète possible.