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Alcool : responsable de 700 000 cas de cancers par an

Par Stéphany Gardier

Ce 1er novembre, plus de 120 000 Français ont relevé le défi du ministère de la Santé, à savoir passer 30 jours sans allumer une cigarette. Combien seraient-ils à s’engager à passer un mois sans alcool ? Car après le tabac, ce sera peut-être bien la prochaine cible des autorités de santé. Cela semblerait en tout cas logique au vu des chiffres : l’alcool est responsable de 700 000 nouveaux cas de cancers, et tue 350 000 personnes chaque année.

 

Ces chiffres, relayés par Ouest-France, émanent des dernières estimations des experts du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC). Ils ont été présentés à l’occasion du Congrès mondial contre le cancer qui se déroule actuellement à Paris. S’il s’agit des toutes dernières estimations disponibles, ces données n’ont malheureusement rien de nouveau. Elles confirment ce que l’on sait depuis longtemps : l’alcool est la deuxième cause de cancers évitables. Pourtant, « une grande partie de la population ne sait pas que l’alcool peut provoquer le cancer », a rappelé Kevin D. Shield, chercheur au CIRC, lors de la présentation de ces résultats. Preuve s’il en est que la prévention doit encore progresser.

 

Il faut dire que l’alcool jouit de l’image d’un produit dont la consommation est culturelle, associée à des moments festifs. Surtout dans un pays comme la France. Quel événement heureux n’est pas « arrosé » en famille, entre amis ou avec les collègues ? Et il est vrai que de l’Armagnac à la bière, en passant par tous les crus que recèlent nos vignobles, l’alcool fait partie de « l’ADN » de la France. Sans parler des enjeux socio-économiques qui lui sont liés.

 

Mais est-ce une raison pour se voiler la face ? Une récente campagne de l’Institut national du cancer le rappelait : quatre cancers sur dix sont évitables. En France chaque année, 15 000 décès par cancer sont imputables à l’alcool, rappelle l’INCa. « 40 % des cancers pourraient être évités si nous changeons nos comportements quotidiens. Le savoir, c’est pouvoir agir », avait commenté la ministre de la Santé, au moment du lancement de cette campagne.

 

Alors faisons-le savoir ! Les effets de l’alcool sont dose-dépendants, ils ne dépendent en rien du type de boissons consommées. Des alcools dits « forts » au cidre, seule la quantité ingérée entrera en compte. Et même si certains produits sont fréquemment cités dans des études scientifiques comme étant associés à une diminution du risque de certaines maladies, n’oublions pas que c’est le ratio bénéfice/risque qui doit toujours prévaloir.

Six types de cancers sont aujourd’hui connus pour être directement liés à une surconsommation d’alcool. Selon les dernières données, c’est le cancer de l’œsophage qui arrive actuellement en tête ; il représente 34 % de la mortalité, devant le cancer colorectal (20 %). Mais l’alcool a aussi été associé à une augmentation du risque de cancer du sein. Un surrisque qui apparaissait dans cette étude, même avec une consommation loin d’être déraisonnable : moins de deux verres de vin quotidiens.