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Etude menée au Nouveau-Mexique

Papillomavirus : le vaccin réduit les lésions précancéreuses

Par Audrey Vaugrente

Vacciner les jeunes femmes contre les papillomavirus humains est efficace. Au Nouveau-Mexique, les lésions précancéreuses et anomalies ont diminué de moitié.

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Le vaccin contre les papillomavirus est efficace. Vacciner largement les jeunes filles l’est aussi. Une étude américaine a évalué l’impact de ce geste sur les anomalies du tissu du col de l’utérus. Menée à l’échelle des habitants du Nouveau-Mexique, elle montre l’effet positif de la vaccination. Dans cet Etat où la couverture est plutôt bonne, les lésions précancéreuses ont significativement chuté. C’est la conclusion de ces travaux publiés dans le JAMA Oncology.

Moins de lésions précancéreuses

Le vaccin contre les papillomavirus humains est au cœur d’une vive controverse. Il fait l’objet de soupçons d’effets secondaires sévères, encore non démontrés. Ses détracteurs lui reprochent aussi un manque de preuves d’efficacité contre le cancer du col de l’utérus. Il faut en effet un certain délai entre la vaccination et l’obtention de données sur les tumeurs. L’Australie a récemment apporté la preuve d’une réduction des verrues génitales. C’est au tour des Etats-Unis d’apporter leur pierre à l’édifice.

L’étude menée par l’université du Nouveau-Mexique s’est penchée sur le registre de surveillance des papillomavirus et a récolté les données de 2007, date de l’autorisation du vaccin, jusqu’au 31 décembre 2014. Au total, près de 220 000 femmes étaient concernées. La protection contre le HPV est bel et bien efficace : chez les jeunes patientes de 15 à 19 ans, les diagnostics d’anomalies des frottis ont reculé de manière notable. Les lésions de stade 1 sont passées de 3 500 cas pour 100 000 femmes à 1 600.

Le recul est similaire dans les lésions de stade 2. Pour les femmes âgées de 20 à 24 ans, l’incidence de lésions précancéreuses de stade modéré recule aussi. Elle passe de 1 027 cas pour 100 000 femmes à 627. A l’inverse, les lésions de grade 3 augmentent chez les femmes âgées de 25 à 29 ans.



Couverture vaccinale et souches

Les auteurs de l’étude ne manquent pas de préciser que « la réduction de l’incidence était plus prononcée qu’attendue ». Plusieurs facteurs expliquent ces bons résultats, à commencer par la couverture vaccinale dans l’Etat du Nouveau-Mexique. Elle est certes insuffisante, puisque seules 40 % des jeunes femmes ont reçu les trois doses réglementaires, mais elle reste plutôt bonne. A titre de comparaison, à peine 16 % des Françaises ont eu le même traitement.

Grâce à cette forte participation, une protection indirecte s’observe : la vaccination profite aussi à ceux qui ne se sont pas vaccinés. C’est le principal de l’immunité collective. Pour y parvenir, il faudrait que plus de 70 % des jeunes femmes se protègent contre les papillomavirus. Les chercheurs soulignent aussi l’impact des produits existants, qui ciblent plusieurs souches de HPV à l’origine de cancers du col de l’utérus, de l’anus et de la sphère ORL. En effet, le Gardasil cible quatre génotypes, le Cervarix deux : 16 et 18. Ceux-ci sont responsables de 70 % des cancers invasifs et des lésions précancéreuses dans le monde.

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