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QUESTION D'ACTU

Non respect du protocole

Maladie de Lyme : un médecin stéphanois condamné par l'Assurance maladie

ENTRETIEN - 6 mois d'interdiction d'exercer la médecine et 5 000 euros d'amende. C'est la sanction du Dr Marc Arer pour avoir prescrit trop d'examens complémentaires.

Maladie de Lyme : un médecin stéphanois condamné par l'Assurance maladie Erik_Karits/epictura

  • Publié 22.07.2016 à 17h40
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Condamné pour avoir trop cherché. Le Dr Marc Arer, médecin homéopathe à Saint-Etienne (Loire), s’est vu notifier une interdiction d’exercer de 6 mois, dont 3 avec sursis, par l’Ordre des médecins de Rhône-Alpes. Il écope aussi de 5 000 euros d’amende. Sa faute : avoir prescrit trop de bilans sanguins à des patients atteints de la forme chronique de la maladie de Lyme, en errance diagnostique et thérapeutique depuis longtemps. Ces examens ne correspondent pas au protocole de prise en charge élaboré avec la sécurité sociale.

Quel est le motif de votre condamnation ?

Dr Marc Arer : Je suis accusé d’avoir abusé d’examens de diagnostic de la borréliose de Lyme. L’Assurance maladie estime que nous ne respectons pas les données actuelles de la science. Mais elles s’arrêtent au consensus de 2006, qui fixe les recommandations de diagnostic et de traitement et qui n’est pas obligatoire. La France fait face à une véritable épidémie depuis plusieurs années. Et depuis des années, la prise en charge est déplorable.

Pourquoi ces examens sont-ils contestés ?

Dr Marc Arer : La polémique, aujourd’hui, porte sur le dépistage. On utilise des méthodes indirectes, par la recherche d’anticorps qui témoignent d’une réaction à la borréliose. Mais ces bilans biologiques ont des lacunes : ils ne sont pas tous précis, et certains ne livrent un résultat positif que si le patient a réagi à l’infection. Les tests utilisés (selon la méthode ELISA, ndlr) sont refusés partout sauf en France. L’Assurance maladie nous répond que les examens complémentaires (Western Blot, ndlr) représentent une dépense inutile. Nous lui avons proposé d’entendre les patients traités, ce qui a été refusé. La politique menée refuse de trouver les malades.

Êtes-vous le seul à faire l’objet de poursuites ?

Dr Marc Arer : Actuellement, trois médecins ont reçu un verdict avec une interdiction d’exercer de plusieurs mois, mais je suis le seul à qui on réclame 5 000 euros d’amende. Nous allons faire appel, bien sûr. Des procédures sont en cours auprès d’autres médecins qui sont convoqués pour s’expliquer. Ces poursuites sont d’autant plus curieuses que les patients que j’ai suivis n’ont pas porté plainte. Le soutien du Pr Christian Perronne et du Pr Luc Montagnier, également signataires de l’appel des 100 (dont Marc Arer est aussi signataire, ndlr), ne nous a pas suffi.

Votre signature sur ce texte a-t-elle compliqué votre situation ?

Dr Marc Arer : L’appel des 100 est très récent, il ne date que d’une quinzaine de jours. Ce qui complique réellement la situation, c’est qu’on essaie d’être entendus depuis des années sans succès. Nous avons lu les publications internationales et, contrairement aux autres pays, les formes chroniques ne sont pas reconnues en France. On traite mal et les patients restent longtemps sans prise en charge adaptée, d’où notre recours à des bilans pour obtenir des réponses. Grâce à eux, on a trouvé la solution.

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