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Cancer du poumon : une application améliore le suivi des malades

Grâce à une appli conçue par des médecins français, les patients atteints d'un cancer du poumon ont une meilleure qualité de vie.

Cancer du poumon : une application améliore le suivi des malades minervastock/epictura

  • Publié 06.06.2016 à 19h02
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Les présentations françaises mises à l’honneur dans les congrès américains se comptent souvent sur les doigts d’une main. Cette année, au congrès de la Société américaine d’oncologie clinique (ASCO), qui se tient du 3 au 7 juin à Chicago, une étude française présentée ce lundi par le Dr Fabrice Denis a retenu l’attention.
Et il n’est pas question de thérapies innovantes, mais d’une application santé ! MooveCare a pour but d’optimiser le suivi des patients atteints de cancers du poumon et de détecter précocement les rechutes. Les résultats montrent une nette diminution du nombre de scanners, une amélioration de la qualité de vie mais surtout de la survie à un an.


Importance des symptômes

L’application propose au patient qui vient de terminer son traitement et qui est à haut risque de rechutes, de renseigner une fois par semaine une liste de 12 critères simples, tels que son poids ou l’intensité de la douleur.
« La plupart des rechutes s’accompagnent de symptômes bien connus des médecins, nous avons donc émis l’hypothèse que suivre ces symptômes pouvait permettre de détecter une rechute bien plus rapidement que le scanner de contrôle classique », explique à Pourquoidocteur le Dr Fabrice Denis, oncologue à la clinique Victor Hugo du Mans, à l’origine de MooveCare. Dès qu’un paramètre semble anormal, le patient est appelé, puis convoqué si nécessaire pour une consultation et des examens complémentaires.

Pour le spécialiste, le scanner arrive souvent trop tard. « Le patient ne consulte que très rarement entre deux scanners, il attend le prochain examen, or souvent cette perte de temps peut être très préjudiciable. » En effet, si l’état général du patient s’est dégradé, l’intensité du traitement devrait être diminuée, avec un impact majeur sur le pronostic.
« Sans compter qu’avoir une vie rythmée par les scanners de contrôle est un enfer, les personnes en bonne santé ne s’imaginent pas le poids psychologique que cela peut avoir ». Par ailleurs un suivi régulier permet d’apporter des soins de support : « Si le patient indique qu’il se sent déprimé ou qu’il a mal, on n’attend pas, souligne Fabrice Denis. La tumeur n’est pas toute la maladie, une prise en charge globale c’est fondamental pour aider le patient à aller mieux. »


Moins de décès, une meilleure qualité de vie

Pour démontrer les bénéfices de MooveCare, ses concepteurs ont lancé un essai clinique multicentrique de phase 3, comme cela se fait pour les médicaments. 133 patients ont été répartis au hasard dans deux groupes : soit un suivi avec un scanner tous les 3 mois, soit un suivi avec l’appli. Les résultats sont plus qu’encourageants : les patients suivis par MooveCare ont subi 4 fois moins de scanners que les autres et la survie à un an est passée de 49 à 75 %.

Une amélioration qui s’explique notamment par l’état général des patients au moment de la rechute : « Trois quarts des patients suivis par MooveCare étaient en bon état général au moment de la rechute contre seulement un tiers pour le suivi par scanner », indique Fabrice Denis.


Bientôt remboursée

Selon ses concepteurs, l’application aurait d’ores et déjà séduit les autorités de santé. « Nous avons discuté avec la Haute autorité de santé ; nous avons été bien accueillis. Les démarches pour obtenir une autorisation de mise sur le marché ont déjà été entamées, se réjouit Régis Senegou, PDG de Sivan innovation, qui a développé l’application. Nous espérons avoir un remboursement pour l’automne 2017. »

L’application est d’ores et déjà multilingue : « L’international va être une ambition très rapide, confie Fabrice Denis. Aux Etats-Unis les associations de patients pourraient être très intéressées par l’appli qui remet le patient au cœur de sa prise en charge, et aussi qui limite largement les coûts. Ici un scanner coûte près de 4000 dollars. » 

Stéphany Gardier, 
envoyée spéciale à Chicago

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