ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Pharmacies : 1 000 fermetures en dix ans

Pharmacies : 1 000 fermetures en dix ans

Par La rédaction

Autrefois garantie d’une vie confortable, la pharmacie d’aujourd’hui ne fait plus rêver les jeunes diplômés. 1 sur trois choisit la filière officine contre 70 % il y a quelques années, relève l’Ordre des pharmaciens dans son dernier bilan démographique. L’hôpital, la fonction publique, l’industrie pharmaceutique semblent beaucoup plus attractifs. 

A l’autre bout de la chaîne, la profession vieillit, notent vos quotidiens. 597 titulaires ou adjoints ont plus de 65 ans, ils seront près de 2 000 dans cinq ans. Résultat, les officines ne trouvent plus de repreneurs. 181 pharmacies ont fermé en 2015 ; une tous les deux jours.
Ce mouvement touche particulièrement la région parisienne mais, sur l’ensemble du territoire, ce sont les zones rurales qui sont les plus concernées. « Baisse de 3,6 % du nombre de pharmacies en Corrèze ; de 3 % dans l'Orne ; de 2,9 % en Haute-Marne ; de 2,7 % dans le Puy-de-Dôme, signale Le Parisien.
« Il faut encourager les jeunes si l'on veut éviter des déserts pharmaceutiques », clame Isabelle Adenot, la présidente du Conseil de l'Ordre.

Un message à l’adresse des pouvoirs publics. Car, comme dans d’autres secteurs de la santé, les gouvernements successifs n’ont pas donné les moyens aux professionnels de s’adapter aux nouveaux modes de consommation.
Pour encadrer les bonnes pratiques, le commerce électronique, le conseil en santé, l'entrée des adjoints dans le capital, certains décrets d’application sont dans les tiroirs depuis 2007. Idem pour la vaccination ou pour le bon usage du médicament.

Alors, pour que les promesses de tribune se transforment en actes, l’Ordre des pharmaciens envisage de déposer un recours en conseil d’Etat pour obliger le gouvernement à publier les décrets manquants. Une manière de stopper l'hémorragie. La France a perdu 1 000 pharmacies en dix ans. 

 

Première publication : le 20 mai 2016