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Système immunitaire fonctionnel

VIH : un récepteur permet de contrôler l’infection

Par Audrey Vaugrente

Un récepteur spécifique aux lymphocytes permet à l’organisme de se défendre contre le VIH. Mais il ne se trouve que chez un très faible nombre de patients séropositifs.

amuzica/epictura
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Le VIH s’attaque aux cellules responsables des défenses immunitaires. Il est aussi capable d’échapper à ces mêmes défenses, ce qui le rend particulièrement résistant. Mais dans de très rares cas, les lymphocytes parviennent à reconnaître le virus. Un mécanisme empêche alors le développement de l’infection. Pourquoi ? Une équipe de l’Institut Pasteur, de l’Inserm et de l’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS) l’expliquent dans le Journal of Clinical Investigation.

14 patients

Seuls 0,5 % des patients infectés par le VIH sont capables de se défendre contre le virus sans médicament. Nommées HIV Controllers, ces personnes vivent de longues années sans progression vers un syndrome d’immunodéficience acquise (Sida). Pourtant, ils ne sont pas sous traitement antirétroviral.

Afin de mieux comprendre cette exception médicale, l’ANRS a regroupé les rares patients au sein d’une cohorte (CO21 CODEX) et les suit depuis. Ils sont quatorze. L’équipe de l’Institut Pasteur s’est intéressée aux caractéristiques de leurs lymphocytes T CD4+, qui sont normalement attaqués par le VIH. Le profil de ces cellules a été comparé avec celles de 15 patients séropositifs sous antirétroviraux.

Une piste de traitement

Chez les HIV Controllers, les lymphocytes CD4+ peuvent reconnaître une quantité minime de VIH, révèle l’étude. Ainsi, la population est maintenue à un niveau suffisant pour assurer les défenses de l’organisme. Chez un patient normal, elles seraient détruites par le virus, ou inactivées par celui-ci. Ces travaux apportent donc la preuve que le système immunitaire humain peut résister au VIH dans certaines conditions. Encore faut-il savoir lesquelles.

Les travaux répondent en partie à cette interrogation. Chez les HIV Controllers, les cellules T CD4+ sont capables de produire des cytokines, impliquées dans la réponse immunitaire. Tout ceci est rendu possible grâce à des récepteurs spécifiques qui ciblent une protéine du VIH, que l’on retrouve rarement chez les patients sous antirétroviraux. Les séquences sont souvent similaires chez les membres de la cohorte.

L’étude fournit enfin une piste de traitement : lorsque les récepteurs sont transférés à des cellules saines, celles-ci récupèrent les propriétés immunitaires des lymphocytes T CD4+. Les auteurs n’excluent donc pas une immunothérapie qui consisterait à transférer ou amplifier les récepteurs T spécifiques. L’objectif : rétablir une réponse antivirale efficace chez des patients dont la maladie a progressé.