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Psychiatrie

Déclin cognitif : stress et agressivité augmentent les risques

Par Antoine Costa

Les jeunes gens hargneux, ou qui gèrent mal le stress, risquent de subir un vieillissement cérébral accéléré. A 50 ans, leur déclin cognitif serait équivalent à celui de personnes de 60 ans.

Pablo Hidalgo
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Une attitude hostile et une mauvaise résistance au stress chez les jeunes adultes sont associés à des troubles cognitifs plus importants 25 ans plus tard, révèle une étude de l’université de Genève (UNIGE) publié ce jeudi dans le journal Neurology.

Les chercheurs suisses, en collaboration avec une équipe américaine, ont étudié l’évolution des fonctions cognitives chez plus de 3 100 hommes et femmes durant deux décennies. Tout au long de cette période, les participants ont été invités à passer plusieurs tests psychologiques. Ces derniers visaient à mettre en évidence les traits les plus saillants de leur personnalité. Ils incluaient des questions sur leurs facultés à gérer le stress, leur capacité de raisonnement, leur faculté d’adaptation ainsi que l’énergie qu’ils consacraient à surmonter les obstacles et les échecs. Les chercheurs ont aussi évalué leur agressivité, leur manque de confiance en l’autre et les sentiments négatifs associés aux relations sociales.


Coup de vieux

« Les gens n’imaginent pas à quel point leurs traits de personnalité peuvent influencer leurs facultés de raisonnement et leur mémoire, analyse le Pr Emiliano Albanese du département de psychiatrie de la Faculté de médecine de l’UNIGE et principal auteur de ces travaux. Dans notre étude, nous avons découvert qu’avoir une attitude généralement inamicale, ainsi qu’une mauvaise gestion du stress, pouvaient avoir les mêmes répercussions sur les capacités cognitive arrivé à 50 ans, que le fait d’avoir dix ans de plus».

Ainsi, les volontaires présentant ces deux traits de personnalité réussissaient moins bien que les autres aux tests de mémoire et de raisonnement 25 ans plus tard. Pourtant aucun n’avait de trouble ou handicap cognitif. Les chercheurs soulignent toutefois que ces travaux ne montrent pas de lien de cause à effet mais une association forte. «Si ce lien est mis en évidence dans d’autres études, nous pourrions imaginer des interventions qui viseraient à promouvoir des interactions sociales positives et de bonnes facultés d’adaptation, afin de voir quel en serait l’effet positif sur les facultés de raisonnement et de mémoire », concluent les auteurs.