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QUESTION D'ACTU

Antirétroviraux en prévention

Sida : la première consultation PrEP ouvre à l’hôpital Saint-Louis

Une consultation dédiée au Truvada en prévention ouvre ses portes. Au sein de l’hôpital Saint-Louis (Paris), le Pr Jean-Michel Molina propose une offre pionnière en France.

Sida : la première consultation PrEP ouvre à l’hôpital Saint-Louis Jeff Chiu/AP/SIPA

  • Publié 10.11.2015 à 12h13
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Le Truvada n’est pas encore officiellement autorisé en prévention du VIH. Mais la première consultation le proposant aux personnes à haut risque d’infection ouvre déjà ses portes ce 10 novembre à l’hôpital Saint-Louis (Paris). A la tête de cette initiative pionnière en France, le Pr Jean-Michel Molina. A ses côtés, l’association AIDES assurera l’accompagnement des patients.

Le service des maladies infectieuses de l’hôpital Saint-Louis est un des premiers centres à avoir intégré l’essai clinique Ipergay, qui évaluait l’intérêt des antirétroviraux en prévention. C’est désormais le premier du pays à proposer le Truvada (emtricitabine/ténofovir) en prévention d’une infection par le VIH. « On est très sollicités depuis un certain temps, confie le Pr Molina à Pourquoidocteur. Déjà parce que les hommes qui n’avaient pas pu entrer dans l’essai Ipergay étaient intéressés. Mais il faut aussi souligner qu’on avait des cas d’utilisation sauvage de la PrEP (prophylaxie pré-exposition, ndlr), avec des problèmes de dosage notamment. La consultation va permettre de cadrer tout cela, et de fournir des informations. »

Fournir un cadre, c’est tout l’intérêt de cette consultation thématique. Car les résultats de l’essai Ipergay l’ont montré : la PrEP « à la demande » est efficace et réduit de 86 % le risque d’infection par le VIH. Le protocole français consiste en la prise de deux comprimés dans les deux heures précédant un rapport sexuel à risque, un comprimé 24 heures après et un dernier comprimé 48 heures après.
Une nouvelle arme est donc disponible dans l’arsenal de la prévention du VIH. Et elle n’est pas de trop, comme le rappelle le Pr Molina : « L’épidémie n’est pas contrôlée. Tous les ans, on a 6 000 nouvelles contaminations. La moitié d’entre elles surviennent en région parisienne. » L’ouverture d’une consultation à Paris fait d’autant plus sens.

Renforcer l'information

Jean-Michel Molina espère aussi se servir de cette nouvelle offre pour travailler de nouveau sur la prévention, en informant et en accompagnant les patients. C’est à ce moment qu’intervient le partenariat avec AIDES. « On peut rendre service à des personnes qui ont du mal avec le préservatif, explique-t-il. La consultation, ce sera l’occasion de renforcer le message de prévention. C’est pour cela qu’on forme cette consultation en partenariat avec AIDES. On va donner un cadre, et le milieu associatif va permettre un accompagnement communautaire. » Il faudra maintenant pérenniser cette consultation, et l’élargir. D’ici la fin du mois de novembre, d’autres services franciliens devraient suivre l’exemple de l’hôpital Saint-Louis.

Reste un frein majeur : celui de la législation. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) s’est positionnée en faveur d’une recommandation temporaire d’utilisation (RTU). Mais aucune position officielle n'a été prise pour le moment : l’autorité sanitaire doit respecter une période contradictoire d’un mois, durant laquelle le laboratoire Gilead, qui commercialise le Truvada, peut s’opposer à l’avis du Comité spécialisé. Cette période peut être renouvelée. Virtuellement, ce vide peut donc durer jusqu’en janvier. Dans le cas contraire, l’avis final de la Direction générale concordera avec la Journée mondiale de lutte contre le Sida. Un calendrier parfait.

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