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Accouchement

Péridurale : la moitié des femmes changent d’avis pendant le travail

Par Yvan Pandelé

Les femmes qui souhaitent accoucher sans péridurale en viennent souvent à changer d’avis au cours du travail.

CC0 1.0 Pixabay/Gaborfejes

Avec ou sans péridurale ? C’est une question que se posent beaucoup de femmes enceintes, partagées entre la peur légitime d’avoir mal et la volonté, tout aussi légitime, de conserver intactes les sensations de l’accouchement. Une équipe de l’Inserm s’est intéressée à ce choix très personnel.

Accoucher sans péridurale

En se fondant sur les données issues d’une vaste enquête nationale réalisée en 2010 dans les maternités françaises, les scientifiques ont pu déterminer qu’un quart des femmes en situation de décider (ce n’est pas toujours le cas, notamment en cas de césarienne) optaient pour un accouchement sans péridurale.

Généralement, les femmes qui optent pour un accouchement sans anesthésie sont jeunes (moins de 25 ans) mais ont déjà un ou plusieurs enfants à leur actif. Ce choix est plus fréquent quand le niveau d’étude est faible, de même que chez les femmes de nationalité étrangère.

Souvent femme varie

Mais cette résolution est susceptible d’évoluer en cours d’accouchement. En effet, plus de la moitié des patientes qui souhaitent accoucher sans péridurale (52 %) changent d’avis en phase de travail et préfèrent finalement y avoir recours. Un revirement plus fréquent chez les femmes qui accouchent pour la première fois, sans doute moins accoutumées à la douleur des contractions.

Mais l’organisation des soins semble également jouer un rôle. Ainsi, le recours non prévu à une péridurale est plus fréquent lorsque les sages-femmes sont débordées, ou lorsque de l’ocytocine est administrée pour faciliter le travail. Dans ce dernier cas, il est probable que l’hormone, qui permet de déclencher l’accouchement en accélérant les contractions, soit à l’origine d’une douleur accrue.

Le respect du choix

Par ailleurs, l’étude montre que la France est un pays leader en matière de péridurale, puisqu'elle est utilisée dans plus de trois quarts (77 %) des cas. « Dans un sens, le recours fréquent à la péridurale est une bonne chose car cela répond aux besoins des femmes qui souhaitent une prise en charge efficace de leurs douleurs », commente Béatrice Blondel, auteur sénior de l’étude. « Et cela réduit les risques associés à l’anesthésie générale en cas de complication du travail. »

« Mais d’un autre côté, cela laisse peu de choix à l’expression de la préférence de certaines femmes pour des formes moins médicalisées de l’accouchement », conclut Béatrice Blondel. Un meilleur respect du choix personnel qui passe sans doute par plus d'écoute, et la présence d’un nombre suffisant de sages-femmes. L'utilisation de l'hypnose pour atténuer la douleur, déjà employée dans certaines maternités et de plus en plus reconnue, pourrait également faciliter les choses.