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Marqueurs biologiques

Grossesse : un test sanguin pour détecter risques de dépression post-partum

Par Anne-Laure Lebrun

Certaines modifications génétiques et épigénétiques augmenteraient le risque de développer une dépression post-partum. Ces marqueurs détectables dans le sang pourraient permettre d'identifier les mamans à risques. 

Rafael Ben-Ari/Chameleo/REX/SIPA

Des chercheurs américains affirment avoir identifié des marqueurs biologiques de la dépression post-partum chez la mère. Ce trouble psychiatrique, qui survient après la naissance d’un enfant, est une manifestation fréquente. En France, 10 à 15 % des mères en souffrent. Un épisode très difficile qui peut nuire à la relation entre la mère et son bébé, mais également à la santé mentale future de l’enfant.

« Nous savons que les femmes ayant souffert d’une dépression avant leur grossesse ont plus de risques de faire une dépression après la naissance de l’enfant. Cependant, les femmes qui n’ont jamais fait de dépression ne sont pas épargnées pour autant. Les marqueurs que nous avons identifiés permettront de les identifier précocement », explique Jessica Connelly, professeur adjointe en psychologie à l’université de Virginie (Charlottesville, États-Unis) qui a dirigé ces travaux publiés en juillet dernier dans le journal Frontiers in Genetics.

L'ocytocine, hormone indispensable

Pour découvrir ces biomarqueurs détectables dans un prélèvement sanguin, les chercheurs se sont intéressés à l’hormone ocytocine, appelée « l’hormone de l’amour ». Celle-ci est notamment impliquée dans la création du lien d’attachement entre la mère et son enfant et favorise le lien social. D’ailleurs, une quantité trop faible d’ocytocine après l’accouchement est associée à la dépression post-partum.

Au vu de son implication, les chercheurs ont supposé que le récepteur de cette hormone devait également jouer un rôle. Ils ont alors étudié le gène codant pour ce récepteur chez près de 270 mères dépressives et autant de mamans ne présentant aucun symptôme de dépression. Résultat : les scientifiques ont identifié des modifications génétiques et épigénétiques augmentant le risque de développer une dépression.

Régulation épigénétique

«  Notre travail accentue le rôle de l’ocytocine chez la femme et place la régulation épigénétique du récepteur à l’ocytocine au premier plan », affirme Sue Carter, co-auteur de l’étude et directrice de l’Institut Kinsey de l’université d’Indiana. Contrairement aux mutations génétiques, l’épigénétique n’implique pas de modification de l’ADN et ses mécanismes sont réversibles. Ceux-ci ne peuvent donc pas être transmis aux générations futures.

Les auteurs de ces travaux insistent sur l’importance de reproduire ces résultats sur un échantillon de femmes plus large. Si tel est le cas, ils espèrent que ces marqueurs seront utilisés par les médecins afin d’identifier les femmes à risque et prévenir la dépression post-partum.