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Regroupement des services, fermeture des lits….

Hospices civils de Lyon : les médecins refusent le plan d'austérité

Depuis 7 ans, la communauté hospitalière de Lyon a engagé des réformes drastiques pour réduire son déficit. Dans une tribune, les médecins expriment leur ras-le-bol. 

Hospices civils de Lyon : les médecins refusent le plan d'austérité GILE MICHEL/SIPA


  • Publié le 07.07.2015 à 17h52
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  • Mise à jour le 07.07.2015 à 19h50
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La colère des médecins monte en Rhône-Alpes ! Après la grève des médecins généralistes de Roanne fin mai, c'est au tour des praticiens hospitaliers des Hospices Civils de Lyon (HCL) de faire part de leur ras-le-bol. Dans une tribune publiée sur le site Le Monde.fr, ces salariés du 2e centre hospitalo-universitaire français alertent les pouvoirs publics sur les problèmes de financement de cet établissement.

Les signataires (1) font en effet une critique en règle de la révolution culturelle que vit cet établissement depuis sept ans maintenant. « Pour rétablir une situation financière dégradée, mais aussi et surtout pour moderniser l’offre de soins et maintenir l’excellence des prises en charge, la communauté hospitalière a engagé des réformes profondes et consenti des efforts sans équivalent dans le monde hospitalier public », écrivent-ils.

 

Diminution de 1 000 postes

Parmi eux, « une concentration de l’activité par la fermeture de plusieurs sites et les regroupements de services ; une diminution de plus de 1 000 postes ; une industrialisation des fonctions logistiques ; une optimisation des achats ; un développement des prises en charge ambulatoires et innovantes… tout en assumant un accroissement de l’activité (+30 000 séjours) ; des investissements indispensables (50 % des services rénovés) et en maintenant un haut niveau d’excellence en termes d’innovations médicales comme de recherche. »

Une « révolution » qui s'appuie, selon eux, sur une nouvelle politique dictée par trois mots d'ordre : l'efficience, la productivité, et l'optimisation des ressources qui semblent polluer leur quotidien. Avec des résultats satisfaisants dans un premier temps : « Grâce à cette mobilisation générale, les HCL ont significativement redressé leurs indicateurs financiers, tangeantant l’équilibre financier il y a encore quelques mois. Ils ont gagné en productivité, sans perdre la qualité des soins prodigués aux patients », est-il écrit dans la tribune.

 

Un nouveau plan de rigueur 

Partie gagnée, donc ? Non, car d'après les signataires, en 2015, la baisse des financements de l’Assurance maladie, conjuguée à la hausse mécanique des dépenses (en raison, essentiellement, de mesures catégorielles et revalorisations salariales décidées par les pouvoirs publics), va conduire « inexorablement vers un nouveau rebond déficitaire ; à un retour 3 ans en arrière ; à un coup d’arrêt des investissements alors que notre niveau en la matière est déjà fort contraint et sans commune mesure avec les besoins d’équipements, de mise en sécurité et de rénovation de nos hôpitaux ».

 

Le plan alternatif des médecins 

Dans ce contexte de rigueur, ces hospitaliers craignent que les HCL leur demandent encore deux fois plus d'efforts. Afin d'éviter ce scénario, tous demandent un plan alternatif : avec l'appui des pouvoirs publics « pour réaliser des opérations de restructuration d’ampleur, légitimes sur un plan médical comme génératrices d’efficience ; une inflexion du modèle de financement pour un système plus équitable et tenant compte des spécificités des CHU et de leurs missions de recours, de recherche et d’enseignement ; et enfin, une véritable réflexion stratégique, qui précise la place des CHU et leur rôle nécessairement incontournable dans les projets médicaux des territoires. »

Pour rappel, le 29 juin, réunis en assemblée, les représentants des médecins avaient rejeté le budget 2015 à 37 voix sur 41 (3 blancs, 1 absent).

(1) Signataires : Pr O. Claris, président de la Commission médicale d’établissement des HCL ; Pr F-N. Gilly, président de l’Université Lyon 1 ; Pr C. Burillon, doyen de la faculté de médecine Lyon-Sud ; Pr J. Etienne, doyen de la faculté de médecine Lyon-Est ; Pr Véronique Trillet-Lenoir ; Pr Jérome Honnorat ; Pr Pierre Cochat ; Pr Claude Négrier ; Pr Philippe Douek ; Pr Charles Dumontet ; Pr Martine Laville ; Pr Pierre Krolak-Salmon ; Pr Vincent Piriou ; Pr Pierre-Jean Valette ; Pr Bruno Lina ; Pr Pierre-Yves Gueugniaud ; Pr Gilles Salles ; Pr Roland Chapurlat ; Pr Gilles Rode ; Pr Sandra Vukusic ; Pr Jean-François Mornex ; Pr Cyrille Colin ; Pr Fabien Zoulim ; Pr Emmanuel Morelon ; Pr Lionel Badet ; Pr Laurent Julliard ; Pr Gilles Aulagner ; Pr Gilbert Kirkorian ; Pr René-Charles Rudigoz.

 

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