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Angleterre

Un cœur transplanté après l'arrêt cardiaque du donneur

Grâce à un nouveau dispositif, une équipe de chirurgiens britanniques a réussi à transplanter un cœur après l’arrêt cardiaque de son donneur. Il s'agit de la première greffe de « coeur arrêté » en Europe.

Un cœur transplanté après l'arrêt cardiaque du donneur PRNewsFoto/TransMedics, Inc.

  • Publié 29.03.2015 à 17h04
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Le cœur avait cessé de battre et les poumons de fonctionner. Quelques minutes après la mort clinique, le cœur a été réactivé dans le corps du donneur, puis transporté à l’hôpital Papworth, à Cambridge (Angleterre).

 

Trois heures plus tard, le cœur a été sorti de son caisson pour être implanté sur Huseyin Ulucan, un londonien de 60 ans ayant subi une attaque en 2008.

 

Un cœur réactivé puis transporté « vivant »

L’exploit fait grand bruit. En effet, c’est seulement la deuxième fois dans l'histoire de la cardiologie moderne qu’un cœur est transplanté après avoir cessé de battre chez son donneur, après une première opération réussie à Sidney en 2014. Jusque-là, il était techniquement nécessaire que le donneur soit en état de mort cérébrale – et donc que son cœur batte encore – pour transplanter l'organe avec des chances de succès suffisantes.

 

Des greffes d'organes (principalement foie et reins) prélevés chez des donneurs « à coeur arrêté » sont déjà réalisées depuis quelque années. Mais le protocole est plus complexe en ce qui concerne le cœur. Après avoir prononcé la mort du patient, les chirurgiens disposent en effet de peu de temps (30 minutes) pour faire repartir l'organe, puis le prélever.

 

A Sidney comme à Cambridge, l’opération a été rendue possible grâce à un nouveau dispositif de conservation, baptisé Organ Care System. Dans ce caisson aux allures quelque peu futuristes, développé par une société américaine, le cœur battant est conservé à la température du corps et alimenté avec du sang et des nutriments. Une méthode qui tranche avec la procédure classique, dit d’ischémie froide, qui consiste à conserver l’organe dans un liquide à 4°C, sans perfusion.

 

L’objectif : augmenter le nombre de donneurs potentiels

Cette nouvelle procédure a pour avantage de permettre un prélèvement sur un donneur en arrêt cardiaque. Il s’agit d’un gain précieux à l’heure où, faute de donneurs, l’attente pour une transplantation cardiaque est longue – 3,4 mois de temps d’attente médian en France ces dernières années, selon l’Agence de biomédecine.

 

« C’est une avancée formidable. En sécurisant l’utilisation de cœurs issus de ce type de donneurs, nous pourrions augmenter sensiblement le nombre de transplantations chaque année, et sauver des centaines de vies », commente Stephen Large, le chirurgien ayant piloté le projet.

 

Autres avantages : le transport du cœur sous perfusion devrait assurer une meilleure conservation que dans la procédure classique, et permettre au chirurgien de vérifier la qualité du greffon avant implantation.

 

Un patient en pleine forme

Quant à M. Ulucan, il semble en pleine forme depuis l'opération. Interrogé par la BBC, il témoigne : « Je me sens en meilleur état de jour en jour, et ce matin j’ai pu me balader dans l’hôpital sans problème ».

 

La première transplantation cardiaque réussie a eu lieu en 1967 en Afrique du Sud. Des cœurs de donneurs en arrêt cardiaque étaient alors employés, mais en raison d’un taux d’échec très important, la technique avait été vite remplacée par le prélèvement sur des donneurs à cœur battant, c'est-à-dire en état de mort cérébrale.

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